Les Cahiers de Martine

Les Cahiers de Martine

Cheminement personnel

Pas à pas...


Chemin de guérison intérieure et physique

L'année 2014

aura été un temps particulièrement chamboulé

par toutes sortes d'émotions qui auraient pu me terrasser encore plus que jamais...

 

Une année commencée dans une extrême fatigue, je fis un drôle de rêve que voici...

 

Je rêve rarement ou tout du moins je m'en souviens de façon très floue, incapable de les décrire.

Ce matin de février, je me suis réveillée avec une image très nette de ce que j'avais "vu"... en rêve… songe… vision ? Je l'ignore, mais je vous le livre tel qu'écrit dans l'heure qui suivit mon réveil...

 

Je me trouvais dans un fauteuil roulant, poussée par une personne dévouée, qui m’installait dans une sorte de salle publique, proche d’un banc. Tandis que je la remerciais de m’avoir accompagnée jusque-là, elle me fit cette remarque : « et comment auriez-vous fait si je vous avais laissée à l’entrée, ne me remerciez pas, c’est normal… ». C’est alors que je réalisai que j’étais totalement dépendante de la bonne volonté d’autrui et qu’effectivement j’étais incapable même de mouvoir mon fauteuil.

Puis je me vis à la place de cette personne, poussant ce même fauteuil, comme quelque chose de tout naturel…

Et comme sortant de ce rêve, s’ensuivit dans mon sommeil une sorte de dialogue sur la dépendance envers autrui, et envers Dieu et sur ce rôle qui peut s’inverser, parfois poussés, parfois poussant… : « quand on ne peut plus faire ce qu’on a l’habitude de faire, il faut laisser faire celui qui peut mieux que nous. Et même si jusque-là il m’était plus agréable d’être dans le rôle du « poussant », je dois apprendre à vivre de plus en plus dépendante de Dieu (et des autres qu’il placera sur ma route)… et cesser d’essayer de me débrouiller par moi-même si je ne veux pas rester « à l’entrée » sans arriver plus loin

Puis, je vis un carrefour avec un grand feu au vert et une voix intérieure très ferme : le feu est vert pour toi, même si tu ne peux plus avancer par toi-même, la route est toujours ouverte : vas-y !

Et je me suis totalement réveillée avec ce gros feu vert très visible toujours devant mes yeux et cette interprétation immédiate, tandis que je fis un gros effort pour me lever :

En effet, je suis limitée, je n’arrive plus par moi-même, je suis instable, peu fiable mais la vie ne s’arrête pas là, le feu est vert, je choisis de poursuivre la route avec les forces qui me sont données au fur et à mesure et si quelqu’un doit pousser mon fauteuil, je veux apprendre à l’accepter. Et s’il m’est donné encore un peu de force pour aider quelqu’un d’autre, je le ferai avec la force que Dieu me donnera.

Ce rêve ou ce songe accompagné d’une sorte de vision, m’habite depuis mon réveil de ce mercredi matin 26 février 2014… que vais-je en faire ? Comment l’intégrer à ma réalité quotidienne ? Où l’appliquer dans ma relation avec Dieu et avec les autres de qui je dépends de plus en plus ? Faut-il la partager avec ceux qui traversent des saisons de vie douloureuses ?

Pour l’heure je le dépose ici, sur cet écran et je garde dans mon cœur cette notion d’avancer même quand je pense que tout devrait s’arrêter aux limites de ma fatigue présente… et je garde cette invitation « le feu est vert, avance… »… si quelqu’un doit pousser mon fauteuil je l’accepte et si parfois je dois pousser le fauteuil de quelqu’un de plus faible, le feu reste vert pour chacun jusqu’au jour où Dieu décidera du terminus…

Martine,

Vendredi 28 février 2014

 

Je ne le savais pas, mais ce fut le début d'un nouveau chemin vers une étape supplémentaire de ma guérison.

 

Ce rêve m'a en quelque sorte "ouvert l'esprit" à recevoir quelque chose d'inattendu.

 

Peu de temps après ce rêve, un triste événement est venu bousculer notre agenda, alors que nous étions tranquillement installés dans une vie calme et reposante, le petit frère d'Henry est décédé et nous avons décidé de monter à Paris pour rejoindre sa sœur qui avait à faire face à ce drame.

 

Alors que j'étais épuisée, au matin du départ sur Paris j'ai souhaité prendre le volant (je ne conduisais plus depuis 4 mois) et j'ai roulé jusqu'aux portes de Paris sans aucune fatigue.

 

Les 15 jours qui ont suivi ont été riches en toutes sortes d'émotions qui a rassemblé une grande partie de la famille de mon mari en vivant en communauté dans l'appartement de ma belle-soeur qui nous recevait. En temps normal cette situation aurait débouché sur un épuisement total. Et pourtant, nous sommes rentrés à la maison et mon état de santé était resté stable et agréablement normal, sans douleurs, sans fatigue.

 

C'est dans ce contexte que j'ai assisté à deux cultes successifs et entendu deux messages qui sont venus me rejoindre dans ce chemin de guérison.

 

En voici le contenu tel qu'écrit sur le moment :

 

« Lazare sors ! »

 

Suite à la prédication de ce dimanche 13 avril 2014 par Thierry Bourgeois sur le thème de la résurrection de Lazare, j’ai à cœur de partager ce que j’ai vécu de profondément bénissant pour tout mon être tant intérieur que physique.

 

Pour ceux que ça intéresse, et surtout qui veulent comprendre le sens de ce partage, en voici le lien :

https://www.dropbox.com/s/bwtn2bm22qsohmz/140413_C_tb.MP3?dl=0

 

 

Ce message s’est transformé en une invitation personnelle, comme venant directement de Jésus et c’est une grâce particulière que d’avoir pu la recevoir "en plein vol"  et répondre ainsi à son appel : sortir du tombeau dans le sens que depuis plusieurs mois je ressentais que petit à petit j'étais entrée dans un "statuquo mortifère" (je ne sais pas si le mot est juste mais je n’en trouve pas d'autre).

 

Je vivais dans une sorte de retranchement en raison de ma « petite forme physique » et peu à peu ma vie s'amenuisait comme si je n'avais plus rien à en attendre, me laissant "mourir à petit feu" et même si au moindre "déclic" j'en sortais volontiers, mes forces semblaient m'abandonner et s'écoulaient comme le ruissellement lors d'une fuite d'eau - ce qui est bien contraire au fleuve d'eau vive promis par La Parole !

 

A la fin de son message, Thierry a invité tous ceux qui se sentaient « retenus » comme Lazare, avec une pierre à rouler pour leur permettre de sortir ou enveloppés de bandelettes paralysantes, de se lever. Il a précisé  que nous n’aurions pas à nous avancer devant mais il a « mandaté » chaque chrétien se trouvant autour d’une personne debout, à se regrouper à 2 ou 3 autour d’elle pour prier.

 

Si vous désirez comprendre ce qui m’a fait lever « bien droite sur mes deux pieds avec détermination », il vous faudra écouter ce message qui a été parsemé d’invitations diverses animées de l’esprit de résurrection de Jésus pour guérir, restaurer, ranimer et rendre à la vie ce que nous avions laissé mourir.

 

Je n’ai pas tout de suite pu donner « un nom » à la pierre à rouler, ni aux bandelettes qui m’empêchaient de marcher et j’ai simplement demandé à mes deux amies très proches et sœurs dans la foi, qui ont prié avec moi en leur demandant de rouler la pierre pour moi – parce que j’ai compris l’importance de la participation des « amis de Lazare » qui avaient été interpelés par Jésus pour aller rouler la pierre dans un premier temps et pour le débarrasser de ses bandelettes une fois que Lazare a répondu à l’appel de Jésus :

 

Et c'est après ce temps de prière que j'ai reçu la conviction que cette pierre était mon acceptation/résignation de la maladie et oui une grosse pierre d'incrédulité qui bloquait la sortie de mon état tant intérieur que physique.

 

Et comme Thierry l’avait si bien décrit, tout comme Lazare, je ne sais pas du tout comment j'ai pu me lever et faire les premiers pas, mais avec le soutien de l'église j'ai pu le faire, par la foi en cette Parole de Vie que son serviteur nous a transmise.

 

La douceur avec laquelle ce message a dépeint ce Jésus tellement plein de bonté, de grâce, d'attention, d'empathie envers les humains que nous sommes, m'a particulièrement rejointe. J'en ai toujours été persuadée "pour les autres", mais il a fallu que je le ressaisisse pour moi ce dimanche matin.

 

Aujourd'hui, même si des bandelettes (petites douleurs) demeurent : je veux rester dans cette attitude : debout par la foi, laissant derrière moi le tombeau dans lequel je m’enfermais peu à peu. Quant aux bandelettes restantes, elles vont tomber les unes après les autres grâce au soutien du corps de Christ qui est là, qui prie et qui "se débarrasse mutuellement" de ce qui le maintient dans la servitude de la maladie ou de toutes autres choses qui veut le paralyser.

 

J'ai sur le cœur toute une dimension de "quelque chose" de nouveau ! Un peu difficile à nommer, mais de la nécessité d'apprendre à compter les uns sur les autres, comme nous le faisons dans le fait "de nous porter dans la prière"... et peut-être une attitude de plus à y ajouter :

- ouvrir nos yeux et voir (discerner) ce que nous pouvons débloquer sur le cheminement de nos frères et sœurs - de manière interdépendante, en roulant des pierres, en enlevant des bandelettes et en saisissant - tous ensemble et d'un même cœur cette invitation "à vivre" et à sortir du tombeau, de tout ce qui voudrait nous empêcher de nous lever...

 

Et la gloire de Dieu va ainsi se manifester au milieu de ses enfants à travers le monde, dans notre pays, à Genève et parmi nous. Que nous devenions des chrétiens matures, non plus à la recherche du sensationnel ou du sermon qui va bouleverser nos vies, mais des enfants de Dieu qui ne vont plus rester « en attente » de voir arriver une puissance particulière extérieure, ni compter sur le ministère distinctif d’un homme ou d’une femme en particulier, mais des chrétiens qui vont s’attendre à ce que « ce Jésus » rempli de compassion et d’amour pour ses amis, veut mandater chaque chrétien auprès de « son prochain » pour intercéder, porter, proclamer et être un instrument de bénédiction, de guérison, de restauration, de maturité et de croissance les uns pour les autres ! Amen !

 

Mercredi 16 avril 2014/Martine

 

 

… Bartimée se leva et il jeta son manteau…

Marc 10 : 46 à 32

 

En voici le lien :

https://www.dropbox.com/s/y88lrw4u27fqhsl/140427_C_tb.MP3?oref=e&n=6029283

 

 

 

Ce dimanche matin 27 avril, Thierry nous a invités à faire comme Bartimée, nous lever et jeter le manteau que nous portons, répondre à Jésus et lui dire « ce que nous voulons qu’Il fasse pour nous ».

Tandis que Thierry citait quelques « types de manteaux » qui nous identifient ou nous pèsent, j’ai déposé devant le Seigneur plusieurs choses dont je souhaite me débarrasser, dans mes attitudes, comportements ou traits de caractères qui peuvent m’empêcher de m’approcher de lui pour recevoir ce « qu’Il voudrait faire pour moi »… et je crois que tous ces manteaux à jeter sont justes et font partie de mon cheminement avec Dieu et pour ma relation avec mes proches. M’en débarrasser ainsi au fur et à mesure qu’ils me sont révélés me permet de croître et être toujours plus proche de Lui pour que rien ne vienne interférer dans ma relation intime avec mon Seigneur.

Mais un « petit plus » a résonné dans mon cœur, « un nom, un identifiant » de ce manteau s’est clairement imposé à mon esprit et sur place, tandis que l’église priait, j’ai confessé que j’avais peur de le proclamer, car peur de me tromper et de me retrouver couverte de ce manteau dans les jours qui suivraient.

Or, depuis le dimanche 13 avril où j’ai merveilleusement vécu cette « sortie du tombeau de Lazare », je dois confesser que la maladie a reculé et je dirais même presque totalement disparu. Peu à peu, les bandelettes de douleurs tombent et disparaissent, à l’exception de quelques « douleurs-éclairs », je vais vraiment bien. Ce sera donc pour moi la 2ème expérience de guérison immédiate, un rappel de ce que j’ai vécu en 2008 à la suite de quoi j’avais proclamé ma guérison à 80% !

Ne serait-il pas venu pour moi le temps de déclarer que je ne suis plus fibromyalgique ?

Ai-je le droit de jeter au loin ce manteau « fibromyalgie » comme Bartimée a jeté son manteau « cécité » avant même que Jésus ne l’aie guéri ? Il l’a fait totalement par la foi sans avoir encore rien ressenti, ni rien vu du tout, mais seulement entendu que Jésus l’appelait.

Dimanche matin, j’ai entendu cette invitation de jeter ce manteau qui m’identifie, comme quelqu’un qui « garde le statut de la maladie ». Comme si je jugeais ce 80% de guérison insuffisante pour oser me déclarer guérie et bénéficier du statut « d’ex-fibromyalgique »…

Que faire donc de la crainte qui me tenaille – d’avoir de nouveau mal – et d’avoir fait une fausse déclaration ou donné un contre-témoignage ?

Je médite et sonde mon cœur pour connaître les raisons de cette crainte (…)

Est-ce que Bartimée s’est posé la question de savoir ce qu’il ferait sans son manteau – sans son identité d’aveugle, si Jésus ne l’avait pas exaucé ? Sa foi était tellement totale et consciente de la grandeur de la puissance de ce « Jésus – Fils de David » qu’aucun doute n’était permis pour lui…

Et moi qui ai déjà goûté à la puissance de Jésus, qui ai tant de fois expérimenté sa grâce et son attouchement dans tellement de domaines de ma vie, moi qui ai vu tellement de miracles… je laisserais le doute prendre le dessus ?

Ce matin j’écoutais le Pst Gaétan qui nous rappelait le prix payé sur la Croix et l’assurance que Jésus était et est véritablement le Fils de Dieu, qu’Il est Dieu… le doute m’est-il permis quant à mon salut acquis au prix si cher payé ? Non. Aucunement !

Alors pourquoi ce doute, cette crainte persistante de déclarer par la foi – en jetant publiquement le manteau de la fibromyalgie – avant même d’avoir expérimenté la totalité de ma guérison ? Suis-je donc si peu consciente de la grandeur de la bonté et de la compassion de Jésus pour vouloir garder ce manteau par seule crainte de me ridiculiser « si jamais » des douleurs revenaient ?

J’ai un acte de foi à poser publiquement, je le sais et j’en appelle à la prière de mes porteurs et de mes amis qui m’ont accompagnée toutes ces années, pour me débarrasser des dernières bandelettes pour que je puisse marcher en nouveauté de vie, débarrassée de ce « revêtement » et du statut de malade !

Merci pour vos prières !

28 avril 2014/martine

 

 

Les mois ont passé depuis... nous sommes en octobre 2015 et je peux confirmer qu'envers et contre toutes les situations familiales et surcharges qui se sont succédées depuis le mois de mai 2014 à cet été, les douleurs caractéristiques de la fibromyalgie sont terminées.

 

Suis-je guérie ? Je l'ignore, dans le sens que médicalement il est très difficile de confirmer un diagnostic de fibromyalgique et que cela prend plusieurs mois/années. Sa guérison doit être aussi difficile à confirmer pour une médecin honnête.

Mais je peux affirmer que même si je ne suis pas en parfaite santé, je ne souffre plus de CE mal précisément...

J'ai 66 ans et je n'échappe pas aux petits bobos des "tamalous" ... mes problèmes dans ma "boîte crânienne" ne sont pas terminés, mes yeux, ma vue ne sont pas en bon état et il m'arrive encre d'avoir des GROS coups de fatigue, contre laquelle j'ai eu à me battre si souvent et m'a valu d'écrire cet article : La fatigue

 

Je veux être honnête... et je veux aussi honorer Dieu qui a été fidèle et m'a libérée de ces horribles douleurs.

Je lui fais confiance pour la suite.

 

Une chose est certaine : quelque soit ma santé, bonne, mauvaise ou imparfaite, fatiguée ou en pleine forme, JAMAIS ne conditionnera mon attachement à La Parole de Dieu et la certitude que TOUT vient de Lui : la guérison aussi bien que la capacité d'endurer une épreuve, de garder courage, une véritable force intérieure et LA joie de vivre, TOUT vient de LUI !

Ma foi, ma confiance et ma reconnaissance, ne se limiteront jamais à mon corps malade ou fatigué, vieillissant physiquement mais restauré intérieurement par Sa Présence et son Amour.

Un texte biblique me tient particulièrement à coeur, face à la maladie de tous ceux qui souffrent comme face à mes propres faiblesses, je vous invite à lire tout le chapitre 4 de la 2ème lettre aux Corinthiens, dont voici un extrait :

 

2 Corinthiens 4:16

Voilà pourquoi nous ne perdons pas courage. Et même si notre être extérieur se détruit, notre être intérieur se renouvelle de jour en jour.

 

Octobre 2015/martine


09/04/2016
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Foi et incrédulité (?)

Méditation des Evangiles face à Esaïe 53

 

Jésus a été présenté par le prophète Esaïe (v. 4 et 5) comme celui qui ôte le péché et qui guérit les maladies. Il ne semble y avoir aucune séparation entre ces deux enjeux majeurs liés à son sacrifice.

Et pourtant, parmi les croyants de ces derniers siècles, une distinction semble s’être installée entre ces deux conséquences de la mort de Jésus sur la croix. Pourquoi ?

 

A la fin de cet été 2012 j’ai relu les quatre évangiles en suivi, et « relativement vite ».

 

Cela m’a permis de brosser un tableau avec une vue globale sur la façon de vivre de Jésus qui, entre autres, se mettait à part pour prier dès qu’il le pouvait et qu’il se laissait rejoindre par des foules avides de l’écouter car il parlait avec une autorité nouvelle et son enseignement était ponctué d’actes extraordinaires et miraculeux.

Jésus a exercé son ministère très naturellement surnaturel.

 

La volonté de son Père était de se manifester parmi le peuple pour se faire connaître, pour être découvert comme le seul vrai Dieu qui bénissait, guérissait, relevait, libérait et pardonnait à cause de son amour.

Tous s’étonnaientmais tous glorifiaient Dieu, malgré la peur souvent exprimée, cela « coulait de source » que seul Dieu pouvait réaliser ce que Jésus faisait.

On voit des gens ordinaires, des exclus, des malades, des possédés, des pécheurs qui eux ne se gênent pas de crier vers Jésus, persuadés qu’il suffirait d’un mot, d’un attouchement, d’un regard pour que leurs prières soient exaucées, ces gens-là ne semblent pas avoir l’ombre d’un doute de l’autorité de Jésus sur leurs maux de tous genres.

 

Presque à l'opposée, on voit Jésus reprocher l’incrédulité de plusieurs « souches de la population » (même à ses disciples), et plus particulièrement aux sages, aux docteurs de la loi, aux notables, aux religieux qui discutaient plus qu’ils n’écoutaient.

 

Davantage intéressés à polémiquer qu’à s’émerveiller, plus prompts à rejeter qu’à recevoir, à contrecarrer qu’à apprendre, à imposer leur propre justice qu’à se laisser convaincre etc. …

 

Et puis cette semaine je poursuivais ma lecture par le livre des Actes quand j’ai décidé d’écouter un court message d’Audrey Mack avec le rappel des paroles d’Esaïe qui présente Jésus qui sauve et qui guérit. Tout au long des premiers chapitres, je constate qu’il n’y est plus question d’incrédulité parmi les premiers chrétiens. Pourquoi ? Parce que Jésus avait tout accompli. L’incrédulité avait été vaincue sur la Croix, son sang avait coulé, les yeux des croyants avaient été ouverts et le Saint-Esprit les conduisait dans toute la vérité.

Pour la première église, miracles et guérisons, sont aussi naturels que le salut.

 

L’incrédulité est abordée plus tard, dans les lettres aux églises qui ont « commencé à décliner ».

 

Apparaîtront alors des faux prophètes, disputes, tensions, abus de pouvoir etc…

L’histoire de l’humanité jusqu’à nos jours où, polémiques, discussions, débats et conflits d’intérêts ont pris le dessus, l’essentiel de la vie chrétienne ayant été ramené à des dimensions humaines.

 

Mais aujourd’hui, qui pourrait réfuter l’affirmation de cette oratrice qui ose dire que c’est toujours la volonté de Dieu de guérir (?)… Si je n’avais pas été replongée dans les évangiles avant de l’écouter, peut-être que je me serais permise de nuancer cette affirmation « ça dépend, c’est du cas par cas », mais force m’est de constater que Jésus a clairement démontré sa volonté de guérir, et les quelques fois où il a refusé d’opérer un miracle, c’était en réaction à l’incrédulité manifeste des gens qui en réclamaient.

Mais alors pourquoi craint-on de proclamer aussi fermement la guérison que nous proclamons le salut ?

La question de Jésus m’a souvent interpelée : « qu’est-ce qui est plus facile de dire : lève-toi et marche ou tes péchés te sont pardonnés ? »… Quelle réponse apporter à cette question ? Une réponse est-elle nécessaire ou inutile puisque nous savons que Jésus peut faire les deux ? J’ai le (triste) sentiment qu’il nous est plus facile de dire « crois au Seigneur-Jésus et tu seras sauvé » que « crois et tu seras guéri »… car l’affirmation sur le salut n’a pas de « vérification possible » autre que la conviction intime du sauvé… tandis que l’affirmation de la guérison requiert une dépendance totale envers Dieu pour assumer ce qui se passera (ou pas), suite à une telle déclaration.

N’est-ce pas la « chose » qui nous retient de proclamer la guérison sur un malade qui croit au Seigneur Jésus, la peur de « ne rien voir venir et prouver que cette parole était juste » ?

Et de quoi aurions-nous donc peur ? De passer pour des illuminés ? De perdre notre crédibilité personnelle ? Ou d’entacher le témoignage que nous voulons rendre au sujet de Jésus qui sauve et qui guérit ? En ce qui me concerne, je crois que j’ai peur de ces 3 choses si difficiles à affronter.

En écoutant Audrey Mack, j’ai médité ce qu’est l’incrédulité. A mon avis, on a trop souvent associé la notion d’incrédulité à un manque de foi. On oppose presque automatiquement « incrédulité et foi ».

 

Je ne veux pas faire ici une dissertation sur le sens de ces deux "états". Mais j’ai l’intime conviction que le manque de foi n’est pas de l’incrédulité. Car celui qui demande à Jésus d’augmenter sa foi, fait déjà une prière de foi. Or la réponse de Jésus est claire : même si notre foi n’avait que la taille de la plus petite des graines, on ferait des exploits ! Que voulait-il dire ?

Et quand Jésus dit que « c’est à cause de votre incrédulité que… : » que voulait-il dire alors qu’il s’adressait à des croyants qui avaient témoigné de leur foi en lui ?

Alors quelle est la différence entre le "manque de foi" et l'incrédulité ?

 

Ma méditation n’a rien de théologique car je n’ai pas fait d’études, aussi je m’excuse du simplisme avec lequel je m’exprime ici, mais voici mon ressenti qui devient conviction dans mon cœur :

 

La foi, c’est ce que nous recevons de Dieu. Nous en avons tous reçu en même temps qu’il nous a conçus avec des yeux verts ou marrons, grands ou petits, notre Créateur a déposé dans nos êtres intérieurs une « graine de foi » qui nous permet de vivre.

A notre conversion (2ème naissance), cette graine de foi a germé en plantant ses racines dans la Parole qui a été faite chair en Jésus-Christ.

Cette foi est bien petite assurément ! Parfois un élan de foi nous pousse en avant et nous progressons dans ce terreau de la Parole de Dieu. Parfois notre foi s’affaiblit, les épreuves, les déceptions, la vie… font que nous cessons de l’arroser et notre foi se fane au point de redevenir une mini graine enfouie sous la terre… mais en tant que chrétiens, cette foi demeure parce que Jésus a fait de nous des enfants du Père. Certes notre toute petite foi nous limite parfois et peut nous priver de bien des grâces et des bénédictions que Dieu a en réserve pour nous, mais cette foi est là, aussi petite qu’elle soit, et Jésus est prêt à nous entendre lorsque nous crions à Lui avec foi.

 

L’incrédulité, c’est autre chose. C’est l’œuvre de l’ennemi. C’est la semence qu’il a déposée en Eden dans le cœur de nos parents. « Et si c’était faux… ou si c’était autrement… »… et si et si et si… Voilà un langage bien connu.

L’incrédulité est un esprit méchant qui nous paralyse. L’incrédulité est un état d’esprit. C’est l’air ambiant dans lequel l’être humain évolue depuis la chute et contre lequel il doit lutter constamment.

L’incrédulité ne vient pas de Dieu.

A l’origine, elle ne devait pas exister. Tout en Dieu est foi et confiance que nous avons laissé s’estomper à cause de notre nature pécheresse qui a ouvert une porte à l’incrédulité voulue par l’ennemi de Dieu avec un seul but « nous faire douter que Dieu est Dieu ».

Il réussit plutôt bien. En particulier dans nos pays « dits civilisés ». Au point même de nous faire penser que l’incrédulité peut être utile, comme une alarme de précaution, comme un signe de sagesse « pour ne pas avaler n’importe quoi et à vérifier toutes choses avant de croire »…

Mais Christ a cloué l’esprit de ce monde sur la Croix et nous donne le pouvoir de rejeter toute incrédulité qui veut remettre en doute tout ce qui est écrit !

 

Ne pleurons pas tant sur notre petite foi et surtout ne nous accusons pas de ne pas avoir assez de foi !

 

Jésus n’a jamais dit « si vous aviez une foi puissante »… Il nous invite à avoir simplement foi en lui

 

J’aurais presque envie de dire qu’il n’y a pas plus de petite foi que de petit salut… la mesure divine est unique, elle est à la dimension de l’amour de Dieu qui donne pleinement. La foi que nous avons reçu pour l’assurance de notre salut (que nous ne voyons pas, ni ne pouvons prouver) est la même que celle dont nous disposons pour notre guérison.

 

Cessons donc de nous lamenter sur le manque de « dons spirituels » en incriminant l’église de ne pas avoir davantage de puissance, de dons de miracles ou de guérison… utilisons la foi que Dieu a déposé dans nos cœur dès le jour où nous avons reconnu Christ comme notre Sauveur.

Reconnaissons le prix payé par Jésus sur la Croix pour notre guérison.

Reconnaissons que l’esprit d’incrédulité est à l’œuvre aujourd’hui plus que jamais, pour saper le moral des chrétiens, pour entacher le témoignage de la puissance de Jésus dans nos vies aujourd’hui encore.

 

Comment y faire face ? Comment contrer l’incrédulité ?

En revenant à la Parole de Dieu. En croyant à tout ce qu’elle enseigne. En reconsidérant le plan de Dieu pour toute l’humanité de la Genèse à l’Apocalypse.

 

Pour ma part, je garde précieusement dans mon cœur, l’enseignement reçu de croire à la Parole de Dieu, même si je ne vois rien même quand je ne sens rien, tout simplement parce que « c’est écrit ». Le livre d’Esaïe vient renforcer ce que les quatre évangiles rapportent : Jésus est venu parmi nous pour sauver et guérir. Sa mort n’expie pas seulement nos péchés, mais guérit également nos maladies. Soit dit en passant, Esaïe insiste sur les douleurs, la maladie, les blessures que Jésus a portés. Nous savons à quel point le péché est à l’origine de « tout ce mal » et que la souffrance ne touche pas seulement le corps, mais Esaïe nous rappelle que Dieu a voulu sauver l’humanité dans son intégralité.

Cette exhortation, je voudrais la partager avec tous ceux qui souffrent, avec tous ceux qui prient pour les malades, avec tous ceux qui croient que la Parole de Dieu est notre seul guide.

Cette exhortation, c’est à moi que je me l’adresse en premier, car je reconnais être entrée dans une attitude « d’acceptation » de la maladie, en oubliant l’œuvre complète de Jésus sur la Croix.

Je confesse avoir peur de proclamer ma guérison publiquement, parce que j’ai peur de mon échec personnel si « la réponse tarde ».

Je confesse que l’incrédulité est dans l’air ambiant du monde dans lequel je vis et que j’ai laissé une porte ouverte au mensonge de l’ennemi qui me fait croire que ce n’est peut-être pas le moment ou que j’ai quelque chose à vivre avec la maladie.

 

Oui je vis de très grandes choses dans le contexte de la maladie, NON PAS parce que DIEU ME L'ENVOIE, mais parce que DIEU est AVEC MOI jusque dans les pires heures de ma vie, précisément parce qu'IL entend mes cris.

Oui je découvre l'immensité de SA grâce, y compris dans la maladie, parce qu'IL ME PORTE lorsque je suis faible et OUI si je n'avais jamais passé par la souffrance physique ce sont autant de choses que je n'aurais pas apprises à vivre AVEC LUI, telles que : - patience - dépendance - confiance - contentement - joie - espérance et renouvellement de mon être intérieur en attendant ma guérison mais JAMAIS je ne laisserai la maladie semer doutes et incrédulité quant à la toute puissance de Dieu.

 

Et non, cette attente dans la confiance ne m'empêchera jamais de proclamer qu'IL est SOUVERAIN aussi bien dans la santé que dans la maladie; dans l'abondance aussi bien que dans la disette; dans la joie aussi bien que dans la tristesse, dans la naissance aussi bien que dans la mort.

 

Ma foi ne dépendra JAMAIS des événements, des circonstances ou des richesses de DIEU déversées  (ou non) sur ma vie.

 

Alors je veux lire et proclamer ces paroles de vie et de guérison, en faire ma prière quotidienne et c'est ainsi que l’esprit d’incrédulité est anéanti car vaincu par la puissance de la Parole de Dieu et disparaît de mon raisonnement, car :

 

Ce sont nos souffrances qu’il a portées,

C’est de nos douleurs qu’il s’est chargé,

Blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités

Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui,

Et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris.

Esaïe 53, 4 et 5

10 octobre 2012/mb


01/11/2015
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La fatigue

La Fatigue du chrétien

Attention : Danger !

Maladie, syndrome moderne ou tentation (?)

 

En ce dimanche 23 juillet de l’an 2000 je pose quelques notes qui seront peut-être un jour le recueil de mes interrogations, réflexions et, pour l’heure, mon analyse sur la fatigue.

Pour avoir souffert de toutes sortes de fatigues à mettre ou pas sur le compte d’activités assidues, du travail, des soucis ou de la maladie, j’arrive à l’aube de l’an 2000 à me poser une question qui peut sembler stupide, mais qui, plus j’y pense plus j’en conclus que c’est un problème particulier dans la vie normale du chrétien.

Il m’est arrivé de toucher le fond de la fatigue physique et avoir atteint une ou deux fois dans ma vie la limite de ma résistance à l’usure physique de mon corps à laquelle s’était ajoutée une usure morale et spirituelle. Pour avoir passé par ce cap qui ressemble à un non-retour définitif à la vie, je crois pouvoir dire que je sais ce qu’est une vraie fatigue physique au sujet de laquelle je pense qu’il est inutile d’épiloguer car elle est normale : l’être humain doit se reposer, il a des limites et s’il les dépasse il est normal qu’il ressente une profonde fatigue.

Peut-être que plus loin j’y reviendrai avec le récit concret de cette fatigue-là. Pour l’heure, mon besoin essentiel est de poser sur cette feuille blanche ce qui me trouble dans la fatigue rencontrée quotidiennement mais très souvent exprimée chez les chrétiens.

Qui pourrait affirmer n’avoir jamais répondu à une invitation par la négative avec pour seule excuse : “je suis fatigué” ? Mieux encore, cette excuse semblant indigne, ne chercherons-nous pas toutes sortes d’autres excuses pour se défiler d’un quelconque engagement, derrière lesquelles nous cacherons mal la véritable raison du refus de sortir de chez nous... Je n’ai vraiment pas envie ou je n’en ai pas le courage ou j’ai trop à faire ?

Fort heureusement depuis quelques années la sincérité a pris le dessus et beaucoup oseront dire “je suis fatigué”, et si cela peut paraître un progrès que d’oser répondre exactement ce que l’on ressent, j’y trouve là presque un piège, car d’une part notre interlocuteur ne trouvera rien à répondre pour nous convaincre de faire une exception et d’autre part, cela deviendra très vite une réaction systématique de se ménager.

Ainsi, petit à petit on se coupe de toute vie sociale, de nos amis qui perdent eux aussi l’envie de nous voir et se fatigueront de nous convier puisqu’on leur a démontré que notre besoin de repos dépasse le besoin de partage et d’amitié.

Mais pourquoi le chrétien serait-il davantage touché que les autres ?

Peut-être parce qu’il a plus d’activités que les autres, mais peut-être aussi parce que ses activités sont des actes vitaux à sa vie spirituelle. Le chrétien atteint de grande fatigue va peu à peu se priver des rencontres hebdomadaires de son église. Il choisira d’éliminer – dans un premier temps -  le groupe de prière au bénéfice de l’étude biblique, ou vice-versa. Puis, sa fatigue ne diminuant pas, il se contentera du culte, étant l’office religieux essentiel, car finalement lire et prier à la maison au courant de la semaine, c’est si facile !

Seulement voilà, la fatigue se fait tout autant ressentir assis dans le fauteuil le plus confortable du salon et en admettant de s’y installer confortablement après une journée de travail, il est encore plus difficile de mettre un moment à part pour faire taire tout les bruits de la vie, ouvrir la bible, seul, en couple ou en famille pour terminer par un bon moment de recueillement avant d’aller se coucher. Alors viendra l’idée de remettre cet instant privilégié au lendemain matin, à l’heure où l’on est encore “frais et dispos” avant d’avoir vaqué à toutes ses occupations.

Mais alors, on avait oublié combien notre esprit est embrumé, quand secoué par la sonnerie du réveil on a déjà mis pied à terre, rejoint la salle de bain, bu son café et regardé l’heure déjà fort avancée, qu’on entre dans l'ascenseur ou qu’on s’installe dans le bus et que soudain une grande tristesse nous gagne : “mince, j’ai pas lu ma bible... Demain, je le promets demain...”

 Mais au fait, à qui le promettons-nous ? Au Seigneur le plus souvent, car c’est à lui qu’on pense d’abord, on l’a négligé, on l’a oublié - ah non ça c’est trop dur à admettre : “tu sais bien Seigneur que je ne t’oublie jamais, tu es au fond de mon coeur et de ma pensée en tout temps” et combien c’est vrai et il le sait bien. Il le sait si bien que si nous écoutions au fond de ce même coeur sa réponse, on l’entendrait peut-être nous dire : “ce n’est pas à moi que tu dois promettre ce moment consacré à lire ma parole et me prier, c’est à toi-même, car c’est toi qui en as besoin, c’est toi qui reçoit ainsi force et renouvellement pour poursuivre ta marche quotidienne avec moi”

C’est ici le dialogue entre notre coeur et Dieu que nous voudrions pourtant vraiment mettre à la première place. Alors, prenant conscience de la nécessité de prendre ce temps à part pour lui, on va avancer la sonnerie du réveil d’un bon quart d’heure tout en sachant que ce n’est vraiment pas beaucoup dans une journée... Mais on est si fatigué que lorsque le réveil sonne on sait qu’il y a ce quart d’heure à part qu’on pourrait grignoter et le Seigneur sait lui aussi – il nous aime tant, d’un amour inconditionnel et pas du tout lié au fait qu’on lui consacre cet instant vital pour notre santé et bonne forme physique... Et le reste de notre temps va être pris en discussion intérieure sans fin pour trouver LE bon moment à consacrer à notre alimentation spirituelle. Et comme pour tout arranger, la culpabilité va bientôt commencer à s’en mêler et la culpabilité entraîne très vite l’irritabilité qui peu à peu va nous fermer les yeux et les portes à ouvrir pour sortir d’un cercle sans fin dans lequel on est entré le plus naturellement du monde à cause d’un ennemi : la fatigue... Maladie ou tentation pour le chrétien ?

L’anorexie spirituelle commence, car moins on se nourrit moins on ressent la faim, mais l’être spirituel tombe malade et le corps s’enfonce chaque jour un peu plus dans cette fatigue qui ne diminue pas pour autant, au contraire, elle est omniprésente et on commence la longue descente vers cet état d’esprit fatigué contre lequel on ne peut plus lutter.

Le dimanche matin devient vraiment cruel, sans parler pour ceux qui travaillent le samedi. Dimanche, jour du Seigneur mais aussi jour du repos... J’ai vraiment trop besoin de dormir un dimanche matin par mois pour commencer... Et commence alors la longue descente, non pas vers les enfers, mais vers une misère intérieure, un mal-être permanent, une culpabilité incontrôlable qui n’engendrera que plus de fatigue et de tristesse pour souvent aboutir sur une dépression, contre laquelle sans aide extérieure il est si difficile de se battre.

Alors je pose ici l’essentiel de ma réflexion : La fatigue pour le chrétien, n’est-elle pas premièrement un moyen de le couper de la vie de l’église, de le séparer de Dieu, de le priver de la communion avec le Seigneur qui est la source de son énergie, de son dynamisme et de sa joie de vivre ? Je pourrais conclure ici = eh bien la maladie est une arme de Satan pour nous détourner de Dieu. Peut-être. Mais avant d’être entre les mains de l’ennemi, n’est-elle pas devant nous comme une tentation, quand on commence à se dire : “oh et à quoi bon faire un effort, j’ai bien le droit de me retirer un peu et de me laisser aller moi aussi”.

a.   Fatigue  naturelle  :

- Surcharge de travail

- Surcharge d’activités accessoires

- Surcharge d’efforts physiques

- Maladie (Grave ou chronique)

 

b.   Fatigue réactionnelle :

- Soucis

- Difficultés

- Tensions

- Agressions (Bruit, promiscuité)

 

Dans tous les types de fatigue, les résultats seront pratiquement les mêmes. Dans chaque cas de fatigue, quelle qu'en soit l’origine, elle aura pour conséquence première, la privation de liberté, car la fatigue absorbe tout dans la vie d’un individu et une fois installée, elle domine toute action et entraîne des réactions de dépendance dont la principale sera curieusement : le repos !

L’analyse que je porte personnellement à la fatigue qui me concerne, qui m’a touché toute ma vie, qui touche mes proches, me pousse à reconnaître que cette affection naturelle ou ce syndrome moderne, nous affecte bien au-delà de la simple expression orale “je suis fatigué” elle nous détruit littéralement en nous privant de toute action objective, en nous privant de l’essentiel vital pour notre épanouissement.

Lorsqu’un couple, ou l’un des conjoint, est touché par une profonde fatigue « naturelle » ou réactionnelle, c’est toute leur relation qui va être affectée, car chaque instant d’intimité retrouvé sera - devra - impérativement être consacré au repos et le besoin de relation affective, amoureuse ou sexuelle sera reléguée au second plan et ne trouvera plus de temps pour être assouvi. Or, satisfaire ou assouvir de tels besoins font partie de l’essentiel du couple. N’y voyons pas là un besoin d’assouvir quelque chose de secondaire, inutile ou égoïste, mais considérons bien la réalité vitale du besoin de partager, échanger des instants privilégiés et nécessairement pris à part, dans l’isolement, loin des autres, donc instants pris sur les heures de sommeil, de détente ou de repos devenus désormais, à cause de la fatigue, impossibles.

Certes, je parle en connaissance de cause. Sans remonter aux années d’hyper activité où j’élevais mes enfants, travaillais à plein temps et suivais les activités de mon église. Il me suffit de considérer ma journée d’aujourd’hui, 28 juillet 2000 :

- A l’heure où j’écris, il est 04h59... Il m’aurait été impossible de le faire dans la journée et cela fait partie des choses que j’ai envie ou besoin de faire, donc je le prends sur mon temps de repos car éveillée par un orage, je fais le bilan de ma journée d’hier, de ma soirée et des derniers mots exprimés avants de m’endormir : “Seigneur, nous sommes si fatigués, je t’en supplie viens à notre secours sinon on ne s’en sortira pas... Je sais je n’ai pas grand chose à te demander puisque nous ne faisons plus rien pour toi...” (Texto) !

Mais attention ! Mon mari et moi sommes atteints d’une fatigue « naturelle » réelle... Authentique... Ni morale, ni nerveuse, ni maladive. (Même si en ce qui me concerne je suis touchée par une affection chronique qui me transforme en masse fatiguée quasi permanente)

Allons, je me lance et je vais d’abord décrire la journée d’Henry. Petite journée car il n’a travaillé qu’à mi-temps à l’extérieur. Debout vers 7h30, après nous avoir apporté au lit son café et ma traditionnelle tasse de thé accompagnée de 4 biscottes, préparé le petit déjeuner de sa mère qui vit avec nous pour un temps. Il s’est immédiatement activé pour notre travail à domicile qu’il n’a laissé qu’à 11h. pour partir à Genève (1h de route), préparé une livraison avant d’être sur pied d’oeuvre à la Migros de 13h à 20h où le rythme de travail interrompu par une petite pause de 10 minutes est soutenu par le poids des palettes de fruits et légumes à déplacer, décharger, ranger, arranger avant de les recharger, re-ranger et re-arranger à la fermeture... Bref, sorti à 20h15, il regagnera sa voiture de son pas tranquille et sera au bercail à 21h15 où le souper n’était pas prêt car sa petite femme n’était rentrée qu’à 20h, avait tout juste eu le temps de servir un bol de lait chaud à sa belle-mère, vider le lave-vaisselle, donné à manger aux chats de la voisine, sorti les tomates et la mozzarella du frigo et se reposait 10 minutes d’une journée assez remplie aussi... Couchés à 23h, après avoir pris 20 minutes pour manger, finalisé un minimum de travail à deux pour l’organisation du lendemain, nous étions cassés tous les deux et les 50 secondes de câlins écoulées, on s’est dit bonne nuit... Et ça, c’était une journée dite à mi-temps qui totalise pour Henry 14 h. 30 d’activité effective, excusez-moi je compte les déplacements...

Ses journées à plein temps sont un peu différentes... Debout à 04h30, il n’a pas de thé à monter à son épouse, ni de café à faire pour sa mère, il saute de son lit, passe par la salle de bains et monte dans sa voiture pour retrouver dès 6h ses palettes de fruits et légumes.

Les bonnes journées il disposera du luxe de 2h. de pause et comme j’en ai partagé une avec lui je peux vous la décrire... Sorti à 11h, il achète un casse-croûte, regagne sa voiture vers 11h20, écoute ses messages sur son “combox” où il trouve le plaisir d’entendre ma voix qui lui dit “coucou, je t’aime, rappelle-moi(ou qui pourraient éventuellement le dévier de son programme de pause) il se rend ensuite à l’orée d’un petit bois (au bord de la piste de Cointrin). Il est environ 11h35, il mange un morceau, se dégourdit les jambes, règle son réveil pour 12h15 avant de s’allonger sur son siège de conducteur... Reprendra le volant, recherchera une place de parking et retrouvera ses palettes de fruits et légumes jusqu’à 18h le samedi, 20h le jeudi ou 19h les autres jours... Sur deux heures de pause, il n’aura eu que 40 minutes de repos quand il n’aura pas eu besoin d’aller à la poste, à la banque, ou accomplir toute autre tâche administrative en courant... Et quand il n’a qu’une heure de pause, il reste simplement dans l’enceinte du centre commercial, fera quelques pas ou quelques courses en mangeant un sandwich...

Dans tous les cas de plein temps, il sera rentré entre 19h15 et 21h30... Sa femme lui servira son souper et trois ou quatre jours par semaine ils continueront à travailler jusque vers minuit ou 2h du matin avant d’aller se coucher.... Levé à 4h30, couché à 2h du jour suivant, c’est monnaie courante en ce moment chez les Bouchaut. (activité indépendante)

Rien que d’avoir écrit ces paragraphes, je me sens harassée et je ne serais pas étonnée que le lecteur se sentira dans le même état car il se reconnaîtra à un moment ou un autre de sa vie. Et ça, c’est ce que j’appelle la fatigue réelle ou normale si vous préférez, mais elle est tout aussi dangereuse que la fatigue réactionnelle.

C’est vrai que nous sommes fous de vivre ainsi, mais la réalité c’est que nous sommes des milliers de fous de cette catégorie de travailleurs et même si sur ces milliers de fous il n’y a pas que les employés de la Migros qui font une moyenne de 42 à 46 h. par semaine, les ouvriers de chantiers qui travaillent en plein soleil ou sous la neige, il y a les bureaucrates, les cols blancs... Eh bien parlons-en un peu, mis à part le prix de leurs costumes, leur look comparé aux bleus de travail et au vert des tabliers Migros...

Monsieur Col Blanc n’arrivera au bureau que vers 9h, mallette à la main après avoir déposé sa belle voiture dans le parking de l’immeuble où il travaille. Mais mis à part les quelques centaines d’entre eux qui ont le temps de lire le journal, commenter l’actualité économique, politique et sportive du Monde ou draguer la gente féminine, ils sont aussi des milliers qui, comme Monsieur Broker s’installera derrière son grand bureau sur son fauteuil ergo-dynamique, il n’en bougera que deux ou trois fois fidèlement accompagné d’un bip accroché à la poche de sa chemise, d’un téléphone sans fil à droite de sa ceinture, pour aller fumer une cigarette, boire un café, et assouvir un petit besoin personnel, il glanera sur son chemin deux ou trois informations de ses collègues croisés dans les couloirs ou des ordres de son supérieur criant de son bureau ouvert, il reviendra alors en trombe à son bureau, griffonnera les instructions reçues et aura déjà oublié le goût de sa cigarette ou l’odeur de son café avant même de s’être remis à son travail accroché au téléphone ou pendu à l’écran de son ordinateur...

Quand il rentrera le soir, vers 18h s’il travaille avec l’Asie, bien plus tard s’il travaille avec les Amériques... Il rejoindra sa maison au volant de sa belle voiture, retrouvera sa famille et disposera de sa soirée pour essayer d’oublier les risques financiers pris dans la journée à condition de ne pas suivre la bourse à la télévision qui le replongera dans ses soucis si toutefois il échappe à la tentation de replonger sur son téléphone ou rallumer son ordinateur portable pour transmettre - à tout prix, chérie excuse-moi deux minutes... - un ordre urgent à son correspondant de l’autre bout de la planète... Ils se coucheront aussi vers minuit ou 2h du matin et le moment de câlin risquera fort bien de s’écourter également en raison du stress des transactions à réussir le lendemain. Que l’épouse n’aie rien à voir dans l’activité de son mari ou qu’elle travaille dans le même domaine, la vie de ce couple sera touchée par le phénomène d’une fatigue réelle doublée d’une fatigue réactionnelle.

Excusez-moi, mais la journée d’Henry pris entre son travail temporaire à la Migros et notre activité à domicile et la journée d’un bureaucrate stressé, je pense que ce n’est pas le poids des palettes de fruits et légumes qui font la différence avec le poids d’un stylo et le confort du fauteuil. Sincèrement, je pose la question qui est le plus fou !?

La réponse est simple : nous vivons tous dans un monde un peu fou et nos corps, nos santés et nos vies en paient le prix fort.

Alors le remède ?

Un combat moral, physique ou spirituel ?

Reprendre son agenda en mains… être plus raisonnables… se réorganiser… prendre des vacances… ou tout simplement commencer par prier pour comprendre « là » où le bât blesse ?

Je pense sincèrement que toutes bonnes mesures sont à prendre, mais pour que nos efforts pratiques ne soient pas caduques ne faudrait-il pas commencer par la prise de conscience de notre réalité, suivie par un acte de foi : rétablissement de notre culte personnel et réengagement à offrir à Dieu notre participation au culte de notre communauté.

Quant à moi, mon premier acte de foi par la reprise du chemin du culte et si possible de réunions est entrepris et je ne suis pas plus fatiguée pour autant. Je ne suis pas guérie et le rétablissement de mon culte personnel passe encore par un réel combat : mais je ne désespère pas de le retrouver car je sais que j’ai tout à y gagner et surtout rien à y perdre : car ma fatigue ne se récupère jamais sur le temps grignoté à ma communion avec le Seigneur ! Alors prions les uns pour les autres, car je suis de plus en plus convaincue que la victoire sur cette fatigue-là est la clé de la victoire sur bien d’autres ennemis invisibles et à l’œuvre dans nos vies modernes.


20/09/2015
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Que vais-je faire au culte chaque dimanche matin ?

Qu'êtes-vous allés voir ?

 

Matthieu 11 : 7 – à 24

Voilà plusieurs mois que j’avais été interpellée par « qui était Jean-Baptiste », sa personnalité, ses dons, dont la discrétion et la mise à l’écart n’ont pas de pareille chez aucun autre personnage biblique pas plus que dans notre histoire contemporaine. Il semble avoir été réellement unique.

J’avais remis à plus tard cette étude.

 

Mais un matin de septembre j’ai repris la lecture de Matthieu 11, délaissée la veille alors que je ne parvenais pas à « reprendre » le courant de ma lecture journalière. Mon esprit était lourd, chargé par des fardeaux portés pour l’église en général mais pour ma paroisse en particulier.

Je lisais, mais sans lire, et au moment de refermer ma bible une phrase m’avait « harponnée » :

« Qu’est-ce que vous êtes allés voir ? » du v. 9

Alors j’ai repris ce chapitre 11… et redécouvert cette question répétée à 3 reprises par Jésus, avec des nuances à peine marquées (v. 7 à 9).

Et cette question a commencé à résonner dans mon esprit et comme cela ne me quittait pas, je l’ai partagée avec quelques personnes qui ont souhaité que je le partage plus largement, comme cet après-midi de novembre 2012.

 

Et depuis, les réflexions suscitées par cette méditation biblique ne me quittent plus ! Ce ne sont pas des réflexions faciles. J’ai dû prier plusieurs fois pour arriver devant vous, cet après-midi. J’ai remis en questions le bien-fondé de vous partager l’écho qui a retentit dans mon cœur…

 

Je ne souhaite en aucun cas vous donner une leçon, ni vous attrister par un texte relativement dur. Mais pour la plupart d’entre vous, vous me connaissez – vous savez que suis la plus petite, la plus fragile, la plus faible d’entre vous, mais je suis surtout une passionnée de la Parole de Dieu qui m'a restaurée et rendu la dignité de Fille du Roi des rois.

 

Dans la Bible, je découvre toujours ce qui construit ma vie et jamais elle ne se contredit.

 

Quand elle parle une fois, elle se confirme sous d’autres formes, en d’autres occasions et prend ainsi place et forme concrètement dans nos vies.

 

Pour illustrer cette action permanente de la Parole de Dieu lorsque nous lui permettons de nous parler, je voudrais remonter un peu dans le temps pour témoigner d’un processus qui a commencé ce printemps dans mon cœur et vous comprendrez alors dans quel terrain labouré ce texte de Matthieu 11 est tombé.

 

Lors du culte qui a clôturé « l’école de la foi » avec Bengt, j’ai été fortement chamboulée dans ma manière de voir et de penser. Et oui, on croit avoir cheminé et être arrivés à une certaine stature adulte et pourtant, on en apprend encore et toujours pour se rendre compte qu’il reste encore bien à faire !

 

Je ne sais pas si vous vous souvenez de ce que vous avez vécu lors de cette école qui je le sais a été bénissante pour plusieurs d’entre vous et pour ma part c’est à la fin du culte, durant les dernières minutes de son message que Dieu s’est « imposé » à mon esprit pour que j’entende ce que son Esprit voulait me faire comprendre. Cela n’avait pratiquement rien à voir avec le contenu de son enseignement, mais cela s’est passé tandis qu’il nous invitait à passer à l’acte, à entrer dans ce que Dieu avait prévu pour notre paroisse.

 

C’est alors que – j’ai commencé à « voir différemment» des situations précises et relativement lourdes à porter. J’ai reçu un « ordre de marche » impératif… que j'ai reçu 5/5 et sur lequel je ne m'étendrai pas ici.

Soudainement mon cœur s’est gonflé de consolation et d’espérance. Et j’ai commencé à regarder ceux qui étaient autour de moi, j’ai regardé des personnes très précises de la salle avec les yeux du Seigneur et je les ai aimées d’une façon dont je n’avais pas idée être capable de les aimer.

 

Non pas qu’il s’agissait de personnes que je n’aimais pas, au contraire, pour beaucoup elles étaient déjà des amies. Mais toute la mesure de mon « jugement sur eux », de mon regard a changé d’orientation.

Vous savez ce regard qui nous fait « étalonner » le contenu d’un récipient dont on essaie d’évaluer le poids ou la contenance. Je m’explique :

 

- Vous avez un tonneau opaque et vous devez évaluer la quantité de liquide qui y reste… soit vous soulevez le récipient pour le "sous-peser", soit vous l’étalonnez en y inscrivant les quantités intermédiaires entre le plein et le vide… j’ai dû apprendre à faire ça lorsque nous fabriquions des punchs antillais contenus dans des tonneaux de 50 litres.

Ce n’est pas facile et on se trompe bien souvent quand on l’évalue « à vue d’œil »…

 

-          Certaines personnes ont une capacité naturelle de « jauger », car ils ont vraiment « l’œil »…

-          Pour ce qui me concerne, jauger un récipient ou la citerne de mazout, ce n’est pas mon fort.

-          Mais en ce qui concerne l’évaluation d’une personne plus ou moins sensible ou dure, ouverte ou fermée, réceptive ou récalcitrante, heureuse ou triste j’ai une certaine capacité à le faire avec un succès relativement certain… il semble que j’aie « un bon œil ».  

Une question se pose alors : oui mais : avec quel œil ?

-          Certainement pas toujours avec l’œil du Seigneur…

-        Et ce dimanche matin-là, j’ai véritablement entendu et ressenti  le cœur de Dieu attristé lorsque je jugeais une personne « plus ou moins bien », plus ou moins extravertie on "posée", plus ou moins ouverte ou fermée, plus ou moins sensible à la prédication ou à ce qui se déroulait dans les réunions.

De cela résultait parfois de la joie de "voir" une personne touchée et de la tristesse de la "sentir fermée"... Avec le recul j'en suis vraiment pas fière !

 

Je m’en suis trouvée instantanément reprise et honteuse de ce que je m’étais permise d’évaluer des personnes dont l’intimité avec leur Dieu ne me regardait pas, leur façon de chanter, d’écouter ou de prier était une affaire entre Dieu et eux et que je devais changer mon comportement, y compris envers les personnes où mes préjugés pouvaient être considérés comme « exacts ».

-          Comme si Jésus me parlait, là devant moi en chair et en os : te rends-tu compte de ce que tu fais, tu « décides » que la manière d’être ce ces gens est plus ou moins spirituelle, qu’ils sont plus ou moins adorateurs – plus ou moins attentifs ?

 

Et je me suis sincèrement repentie et engagée de ne plus jamais « mesurer » l’état dans lequel se trouve qui que ce soit durant un culte ou une réunion. N’avais-je pas assez à faire avec moi-même ?

 

-          A partir de ce dimanche matin, je n’ai plus regardé de la même façon ce qui m’entoure et refusé tout commentaire du genre « t’as entendu le message, j’espère qu’un tel a bien écouté »…. Etc…

Et c’est dans cet arrière-plan que le printemps a fait place à l’été et qu’en septembre j’ai été confirmée dans cette attente de Jésus qui m'exhorte à me poser cette question chaque dimanche : « que vais-je voir au culte ? ».

 

Jean-Baptiste, cette voix qui crie dans le désert m’invite encore une fois à me positionner non seulement par rapport à Jésus, mais sur mes motivations d’aujourd’hui et sur ma façon de considérer le Royaume de Dieu… oui Il est venu jusqu’à nous, nous en avons entendu parler, nous en avons vu certains fruits et nous en avons goûté la présence – imparfaitement certes – mais son impact a été réel sur nos vies.

 

Aujourd’hui, j’ai envie de poser encore cette question pour moi-même et avec vous, pour le corps de Christ en général, mais pour mon église en particulier.

 

Quand j’entends les murmures, les déceptions, les prétextes et les récriminations de personnes que j’aime et qui partagent avec moi le temps de célébration dans notre église, j’ai envie de leur demander :

« Qu’êtes-vous allés voir ?...»

Non plus dans le désert, mais ici, vous et moi, nous tous dans notre église, à l’heure du culte ?

Que sommes-nous venus voir ?

Un homme, un groupe de louange, des amis, une communauté ?

 

Pour les gens de l’époque de Jean-Baptiste, ils sont allés voir un personnage très différent de ceux qu’ils côtoyaient habituellement en particulier dans leur contexte religieux où les prêtres, sacrificateurs, docteurs de la Loi avaient une tenue vestimentaire bien distinguée. Un « paraître bien comme il faut », avec des actes et des gestes bien ordonnés selon un rituel bien établi selon la loi et la tradition…

 

On peut imaginer que lorsque les gens partaient dans ce désert, ils allaient d’abord « voir », avant d’entendre. Ils étaient nombreux à s’y rendre, et pour plusieurs, pas tant motivés par la soif d’entendre l’annonce du Royaume de Dieu, que par la curiosité.

 

Si cela devait avoir lieu en notre temps où nos rituels ont fait place à une certaine liberté dans le style vestimentaire, dans la manière de vivre et même d’annoncer la Parole de Dieu, qu’en serait-il si un prédicateur arrivait « vêtu de peaux, mangeant des insectes et parlant de façon totalement décalée » par rapport à notre doctrine évangélique ?

 

Je n'ose même pas imaginer de quelle manière certains d’entre nous (moi en tête) prendraient leurs jambes à leur cou pour partir à l’opposé de « ce désert-là », tandis que d’autres s’y rendraient avec la langue bien pendue et déterminée à faire un rapport salé sur la dangerosité d’un tel personnage.

 

Aujourd’hui nous ne sommes pas confrontés à cet immense défi que Jean-Baptiste a représenté pour les premiers disciples de Jésus.

 

Tout a été préparé par une équipe pastorale « bien comme il faut » - on ne risque pas de voir arrivé sur l’estrade un homme vêtus de peaux de bête…

 

Les cultes ont été cuisinés pour nous, prédigérés même, pour que nous n’ayons plus qu’à

-        nous installer sur nos chaises (que nous regardons d’un mauvais œil car pas à notre goût),

-        participer à la louange (parfois jugée trop ringarde par les uns et trop bruyante pour les autres).

-        suivre un processus normal dans le culte où tout est malgré tout parfaitement « réglo » et malgré les petits couacs techniques, malgré certains styles plus ou moins appréciés, nous sommes :

-         libres d’écouter les prédications (ou les critiquer)

-         libres de nous laisser interpeller (si le cœur nous en dit).

 

Plus rien ne nous bouscule. Plus de quoi être chamboulés dans nos habitudes.

Même plus forcés de suivre des règles pénibles. Liberté et libre-choix garantis à 100%.

 

Mais qu’allons-nous y voir dans nos cultes ?

-          des intervenants bien comme il faut… ?

-          ce qui nous plaît le mieux,

-          ce qui nous semble correct,

-          ce qui nous permettra de vivre une semaine renouvelée et bénie,

-          ce qui nous boosterait un p’tit coup pour repartir d’un bon pas le lundi matin ?

 

A chacun sa réponse…

 

En relisant tout le chapitre 11, on ne distingue pas vraiment de réponse claire de Jésus. Mais le verset 10 nous laisse entrevoir son désir de nous amener à reconnaître son messager, celui qui annonce la bonne nouvelle du royaume, l’envoyé de Dieu qui prépare le Chemin du salut dans la vie de ceux qui l’écoutent.

Même lorsque son messager a un aspect différent de celui qu’on imaginerait. Son apparence, son style, son habillement, son âge, son origine, sa personnalité, son accent, tout cela est secondaire, la seule chose qui compte c’est qu’il proclame le message du Royaume et nous conduise vers Celui que nous devons suivre comme le seul guide, recevoir comme le seul Sauveur et adorer comme le seul Seigneur.

 

Et Jésus a vu les foules qui allaient « voir Jean ». Parmi eux se trouvaient ceux qui recevaient son message sans tenir compte de son accoutrement, sans juger sa façon de vivre et ceux-là se repentaient et se faisait baptiser. Mais Jésus a vu également ceux qui suivaient de loin juste « pour voir » et remarquer les bizarreries de ce prédicateur…

 

Jésus s’adresse à cette même foule qui le suit maintenant, tandis que Jean-Baptiste était dans sa prison, car il sait qu’il en est de même avec lui, comme cela a été avec tous les messagers de l’ancienne alliance, les uns se laissent toucher et les autres ne font que regarder, critiquer, juger pour finalement rejeter le Message.

 

Aujourd’hui encore :

-          Jésus veut nous faire prendre conscience de notre folie lorsqu’on juge quelqu’un à son apparence ou à sa manière de vivre. Si Jean et Jésus ont été tellement mal « ressentis » par leurs contemporains, on ne s’étonnera pas de voir de quelle manière nous « ressentons et jugeons » nos serviteurs de Dieu. Nous attendons de chacun d’eux d’être et de faire à notre manière, d’exercer leurs ministères selon nos attentes et s’ils n’y parviennent pas on se déclare déçus, désillusionnés, insatisfaits et mécontents.

-          Jésus veut nous rappeler qu’après avoir connu la grâce de Dieu et vu de quoi Il est capable d’accomplir dans nos vies et sur terre, si nous ne changeons pas de comportement, si nous ne revoyons pas notre façon de juger les autres, nous serons aussi condamnables que les habitants de Sodome…

-          Jésus veut nous faire connaître Le Père, et nous rappeler que son but suprême est le salut de tous ceux qui voudront bien apprendre à connaître son Père.

-          Jésus veut nous rappeler notre responsabilité individuelle : porter notre charge ! Autrement dit :

.  cessons de « décharger nos fardeaux » sur le dos des autres

.  cessons de regarder la paille qui est dans l’œil de nos frères et occupons-nous de la poutre qui nous aveugle

.  cessons de gémir contre ceux qui œuvrent parce qu’ils ne le font pas comme nous voudrions

. cessons de nous rendre au culte avec un esprit d’analyse, de regards critiques que l’on prétendra n’être que des constatations

.  abandonnons nos a priori contre une équipe de louange ou un style de message, car nous attristons le Saint-Esprit, et fermons nos cœurs à l’action de la Parole de Dieu qui peut être annoncée autrement que selon notre feeling personnel

.  commençons à prendre nous aussi la charge que Jésus nous demande d’assumer

.  demandons-lui quelle est notre part si nous ne l’avons pas encore trouvée et contentons-nous peut-être de la plus humble, avant de vouloir être poussés sur le devant de la scène

.  débarrassons-nous de tout esprit religieux

.  acceptons de ne pas être tous « polycopiés » sur un seul modèle à notre convenance

.  acceptons que nos voisins soient différents dans leur manière de prier, de louer, de chanter, d’être et de penser

.  soyons disciples de Jésus-Christ

 

Chaque dimanche matin, posons-nous honnêtement la question et décidons fermement de ce que nous voulons faire de ce temps de célébration et d’adoration : que vais-je aller voir ce matin au culte ?

 

 

13 novembre 2012

 


24/10/2015
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