Les Cahiers de Martine

Les Cahiers de Martine

Bénédictions divines et miracles

Les bénédictions divines = mirages ou miracles ?

 

Depuis quelques années je me rends compte à quel point l’attente des croyants ne se trouve pas toujours rejointe...

 

On parle beaucoup de la guérison divine et mon sujet ici n’est pas tant celui de la foi, que de l’atmosphère dans laquelle LA FOI est exercée par les croyants. Comment est-elle perçue par leur entourage, ou redoutée par les sceptiques ?

 

Dès qu’on évoque la foi de quelqu’un qui s'attend à un miracle de Dieu, c’est comme si l’icône d’un saint auréolé se profilait au milieu d’un terrain hostile, où des vents contraires soufflent dans tous les sens pour lui faire perdre son auréole dérangeante envers celui qui doute et qui n’entrevoit qu’une issue négative face à une maladie grave qui conduira  le malade vers une mort certaine.

Dommage que je ne sache dessiner, car j’aimerais l’illustrer ici cette « figure de saint » qui marche à contre-courant, se heurtant à l’incrédulité des autres "aux gens de peu de foi"… Icône collée parfois aux chrétien qui confessent leur confiance et leur foi en Dieu au cœur de l’épreuve…

 

Et puis, malheureusement à mon avis, certains croyants donnent cette triste impression d’être « à part », décalés, irréalistes, vivant sur un nuage et non plus sur terre. 

 

Qu'est-ce qui procure cette « foi invincible » du croyant qui s’appuie sur La Bible en affirmant que « tout est possible à celui qui croit » ? Parce que le Dieu de la Bible est le Dieu de l’impossible, Celui qui est capable d’opérer des miracles depuis la nuit des temps jusqu’à aujourd’hui.

Et moi, je crois en ce Dieu-là. Je crois qu’Il est Le Tout-Puissant et qu’Il opère des choses extraordinaires qui nous surprendront toujours, qu’on ait la foi ou non.

Alors pourquoi évoquer cette image sous un angle négatif puisque je crois fermement à la guérison « dite divine » ?

 

Parce quelque chose me dérange de plus en plus dans ce qui est véhiculé par l'image du croyant gentil-gentil, un peu naïf, voire demeuré

 

Le miracle divin est attendu comme étant systématiquement de l’ordre du prodige, de la chose qui ne peut pas être et qui est quand même.  Tel un mirage dans le désert qui nous fait croire à une étendue d’eau mais qui n’en est pas une…

Et oui, dans le domaine de la Foi dans le Dieu de la Bible, le mirage peut soudainement se transformer en miracle bien réel « par l'intervention de Dieu, créant ce qui n’existe pas ».

 

Pour les uns l'attente d'un miracle de Dieu n'est qu'un mirage illusoire, une rêverie religieuse.

Tandis que pour le croyant ce mirage peut prendre la forme d'un miracle par la puissance créatrice de Dieu.

 

Pour avoir vu (et même photographié) des mirages dans le Sahara, je peux vous assurer qu’il est difficile de croire que ce n’est pas réellement de l’eau à portée de main. Et la Foi vivante du croyant en Dieu va effectivement jusque-là :  arriver à la conviction que Dieu est capable de faire surgir quelque chose qui n’existe pas, là où cela ne peut être, parce qu’Il est Le Créateur et comme il a créé tout l’univers, Il a appelé à être ce qui n’existait pas. Aujourd'hui encore Il est capable d’appeler à l'existence ce qui n’existe pas et le mettre à notre disposition. 

 

Ces choses peuvent être multiples, d’ordre matériel, naturel, physique, émotionnel : Dieu peut faire surgir du néant ce qui n’a pas encore été, rien que par amour pour nous et en réponse à la prière du croyant.

Mais… (et oui, il y a toujours un mais), les choses ne se présentent pas toujours comme NOUS le pensons, les situations ne se déroulent pas toujours comme NOUS le voudrions et les bénédictions de Dieu ne se déversent pas toujours comme NOUS l’imaginons. Et le miracle n'a pas toujours lieu là où nous l'attendons.

 

Je suggère de réfléchir un instant, au fait que la bénédiction de Dieu ne se manifeste pas toujours sous une forme prodigieuse.

Oublierions-nous de la voir ?

 

Je pense que c’est la raison pour laquelle il est écrit : Rendez grâce à Dieu pour toutes choses…

C’est un impératif ! Mais pour cela il faut apprendre à les voir, les reconnaître et les identifier comme telles.

 

Lorsque nous remercions Dieu pour la nourriture que nous mangeons, les aliments tombent-ils miraculeusement dans nos assiettes ? Certes non. Une personne a bien voulu acheter des ingrédients, les préparer et même nous les servir. Où est le miracle ?

Quand nous avons besoin de légumes pour préparer ce repas, tombent-ils du ciel ? Certes non, il a fallu qu’une personne les cultive, qu’une autre les récolte, les vende et que j’aille les acheter. Où est le miracle ?

Quand j’ai ouvert mon porte-monnaie pour régler mes achats à la caisse, l’argent est-il tombé du ciel ? Certes non, j’ai eu un emploi pour gagner un salaire qui m’a permis d’acheter ce dont j’avais besoin. Où est le miracle ?

Quand j’ai trouvé un travail pour gagner ma vie, un employeur est-il tombé du ciel ? Certes non, j’ai dû chercher, écrire, me présenter et une entreprise a décidé de m’engager. Où est le miracle ?

 

Et pourtant… toutes ces choses sont autant de bienfaits, de bénédictions et de privilèges que nous recevons pour la plupart « sans que nous ayons eu à attendre un miracle ». C’est par des actes, des choix, des attitudes de la vie quotidienne que nous pouvons être, acquérir et faire fructifier ce que nous sommes et ce que nous possédons.

 

Pour l’incroyant, c’est dû à un système géré dans un univers cosmique où tout se met en place prodigieusement bien ou mal, au hasard des choses et du temps et… c’est la vie…

 

Pour les croyants, c’est tout simplement un effet de la bonté de Dieu pour les êtres humains créés par Lui et cela durera tant que durera la terre, sans que personne ne s’en soucie ou n’en prenne réellement conscience et… c’est la vie…

 

Ce que la Bible en dit, c’est que nous – toutes ses créatures humaines, croyantes ou non – nous sommes responsables de compter ces bienfaits, de les considérer comme des cadeaux et d’en être reconnaissants en « redonnant à Dieu ce qui lui revient, c’est-à-dire notre merci ». Ce faisant, nous plaisons à Dieu en le glorifiant et en attestant que nous avons compris que TOUT nous vient de Lui, de la salade qu’il fait pousser grâce à la pluie sur laquelle nous n’avons aucun contrôle… jusqu’à l’argent que nous pouvons gagner par notre labeur, grâce au bon sens, à l’intelligence et aux capacités reçues de Lui et qu’Il nous a permis de faire fructifier.

 

En accomplissant cet ordre des Ecritures (rendre grâce à Dieu), nous lui obéissons, nous réjouissons son cœur et nous pouvons compter sur sa fidélité et sa bonté qui se renouvellent chaque matin pour ceux qui se confient en Lui… 

 

Il en va de même pour la maladie – et la guérison divine.

 

Parfois Dieu guérit instantanément et même si nous ne le voyons pas tous les jours sous nos yeux, sur cette planète où règne la terreur, l’angoisse, la maladie et la mort, il se passe tous les jours des signes et des prodiges de la part de Dieu qui se manifestent puissamment sous formes de miracles, d’interventions étonnantes et miraculeuses : des cancers disparaissent en un clin d’œil et toutes sortes d’infirmités sont instantanément guéries. Et j'ai eu le privilège d'en voir de mes propres yeux.

 

Mais… parfois aussi Dieu agit comme pour notre pain quotidien, de façon naturelle, de façon ordinaire, de façon progressive en nous mettant au bénéfice de soins hospitaliers, de traitements efficaces, d’interventions chirurgicales dignes d’artistes dans la réparation de nos corps malades, etc…

 

Alors que faire lorsque l’un de nos proches ou nous-mêmes sommes confrontés à une maladie, au chômage, à la souffrance ?

Prier et attendre que la guérison tombe du ciel sans rien faire parce que nous croyons en un Dieu de miracles ?

Cela peut être un choix très personnel que nul ne pourra contester.

 

Mais il est également juste d’agir comme pour notre nourriture – sans laquelle nous ne pourrions vivre bien longtemps – ou comme nous le faisons pour nos besoins matériels :

-          User de bon sens

-          Utiliser les instruments qui nous sont offerts

 

Où est le miracle alors, me demanderez-vous ?

Le miracle sera la part de Dieu qui interviendra là où les limites humaines sont atteintes, là où nos mains deviennent impuissantes.

 

C’est pour cela que nous prions pour ceux entre les mains desquels nos malades sont confiés.

C’est pour cela que nous remercions Dieu pour les équipes médicales, les traitements, l’instrumentation, la technique et les progrès effectués grâce à ceux qui ont travaillé à la recherche de soins, d’antidouleurs etc…

C’est pour cela que nous réclamons une bénédiction particulière sur les traitements proposés et interventions chirurgicales. Car là où Dieu est invité – Il vient et Il assiste ceux qui travaillent pour notre bien, cela ne fait aucun doute.

 

Tout comme Il envoie la pluie pour faire pousser nos salades, le soleil pour faire rougir nos tomates, Il se plaît à bénir nos employeurs, à inspirer nos médecins et à faire fructifier tous les efforts des humains pour leur propre bien !

 

Et ça, n’est-ce pas un miracle ? A mon humble avis, oui ! Alors ne cessons de croire en ce Dieu de miracle, sans pour autant devenir une icône décalée pour nos contemporains, dont l’auréole finirait par blesser les yeux de ceux qui nous regardent vivre, au lieu d’attiser la foi de ceux qui ne le connaissent pas encore.

 

Cessons de vouloir être forcément à contre-courant parce que croyants. Utilisons le bon sens que Dieu a déposé dans chaque être humain et que la Bible ne renie pas.

 

Si on m’annonce ce soir que j’ai un cancer, bien sûr que je vais être bouleversée.  Je ne suis pas une marionnette sans émotion ni angoisse. Oui, je suis croyante mais tout autant humaine, faite d’os et de chaire comme ceux qui n’ont aucune espérance. Bien sûr que je vais penser au pire, entrevoir le jour de ma mort prématurée et surtout craindre de souffrir. Bien sûr que je vais régler mes affaires, préparer mon départ et peut-être même organiser le jour de mes obsèques. Et pourtant, j’aurais proclamé ma vie durant que Dieu est Souverain, qu’Il est le Dieu de l’impossible et que je compte sur Lui seul…

Mais, Lui seul… comment se manifeste-t-il ?

Surnaturellement parfois, certes, Il a bien nourri un homme dans le désert par des corbeaux… Il peut le faire aujourd’hui… mais s’Il a eu besoin de corbeaux pour Elie… Il a encore besoin d’instruments, tels que des hommes et des femmes, du personnel hospitalier et de nos amis, de l’église, des croyants, de vous et de moi auprès de ceux qui passent par la maladie… avec notre bon sens !

 

Dans le désert, Dieu aurait pu donner des forces surnaturelles à Elie sans le nourrir… mais cette histoire nous rappelle que nous avons été façonnés avec des lois naturelles et physiques qui nous imposent d’être bien nourris pour aller de l’avant, à être bien soignés pour retrouver la santé, à être équilibrés et sains d’esprit pour grandir dans sa connaissance.

 

Alors n’attendons pas seulement du surnaturel de la part de Dieu et recevons les choses naturelles qu’Il met à notre disposition pour notre bien, tant matériellement, physiquement, émotionnellement que spirituellement.

Ouvrons nos yeux pour voir et contempler toutes les merveilles qui sont devant nous, tout ce dont nous bénéficions quotidiennement et rendons grâces à Dieu pour toutes ces choses qui sont autant de manifestations de son amour !

 

 

19 août 2013 – Martine 



13/11/2015
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