Les Cahiers de Martine

Les Cahiers de Martine

D'où je viens

Ma ville, ma commune, mes origines...

 

Née à Genève... à la maternité de la ville comme la plupart des enfants de 1949...

 

Genève... ce n'est pas seulement son Jet d'Eau, sa rade, ses feux d'artifices et l'ONU !

 

C'est aussi, surtout et d'abord, une petite ville de Suisse romande, à un jet de pierre de la France...

Lieu historique et pourtant ordinaire.

 

Son histoire en a fait un lieu mondialement connu, souvent envié et totalement méconnu dans sa véritable identité.

 

Imparfaite, râleuse, ni très Suisse, ni Française, coincée entre le Salève et le Jura, ville aux multiples frontières et pourtant ouverte sur le monde malgré tout ce qu'on voudrait lui faire croire...

 

Genève, c'est une cité antique, une ville internationale,

Un Canton, un Etat dans la Confédération Suisse

Riches de tous ses avantages et de ses inconvénients. Parée de ses plus beaux atours et flanquée de tous ses défauts...

 

Ville à taille humaine, au caractère aussi variable que son climat.

 

J'y suis née... je ne l'ai pas choisie ... pas plus que les trottoirs de Manille, Paris ou Tokyo... mais je l'aime.

 

J'ai grandi dans une famille d'ouvriers installée "Aux Trois Chênes".

Une région genevoise faite de Trois Communes qui se rassemblent pour les grands jours.

De ma naissance à mes 5 ans, nous habitions au "Vieux Chêne", bas quartier de la riche commune de Chêne-Bougeries,

dans un vieil immeuble vétuste au confort rudimentaire, juste au bord de la Seymaz.

Ahhh LA SEYMAZ !... petit ruisseau puant par son peu de débit en période de sécheresse et pourtant si charmant et bucolique.

 

Tous les enfants de Chêne en ont apprécié les abords, de Bel-Air aux Bois des Arts...

 

Aujourd'hui j'aime m'y promener, regarder ce quartier qui paraissait si triste autrefois.

Le temps semble s'y être arrêté.

Ce qui n'était que de vieilles bicoques insalubres et sales sont devenues de belles maisons rurales restaurées mais intactes.

Il doit y faire bon vivre - à quelques minutes de la ville tumultueuse -  bien loin des effervescences internationales.

 

Mon vieux quartier a un petit air d'Italie.

 

Quelques jours après mes cinq ans, nous avons déménagé sur l'autre rive de La Seymaz

dans la commune de Chêne-Bourg, où j'ai suivi toutes mes années d'école primaire.

Quel événement ! Jugez-en vous-mêmes : nous avons intégré un quartier tout neuf,

emménagé dans un HLM avec "tout confort", chauffage et eau chaude au robinet ! Waow !

 

Chêne-Bourg, commune dans laquelle j'ai tout appris, de l'école (que j'ai détesté), aux bancs de la fameuse Place Louis Favre sur lesquels je me régalais, assise aux côtés de ma grand-mère...

Mémé était bonne vivante, un peu râleuse, souvent coquine et riait sous cape de la bêtise humaine...

Auprès d'elle je me sentais si bien et je rêvais de devenir adulte, au plus vite !

J'étais avec elle et ses copines - de vieilles dames d'au moins 50 ans (!) -  "à l'école de la vie"...

On en apprend de toutes les couleurs en écoutant les commères du village... (!)

Et bien plus drôle que d'aller à l'école pour s'y faire gronder, où je me sentais aussi incomprise qu'étrangère !

 

Quand je n'étais pas avec "la mémé" je me promenais avec des bébés "à promener"...

C'était ma passion : avoir un bébé sous ma responsabilité. Un peu inconscientes les mamans des années 50...

J'avais à peine 8 ans quand j'arpentais les rues et les parcs avec des poussettes plus hautes que moi !

Mais quelle fierté ! C'est comme si j'étais "admise" par la société.

Mes soeurs se moquaient gentîment de moi et ne comprenaient pas plus mes affinités avec les vieilles qu'avec les marmots.

 

Adolescente, c'était en vélo que j'aimais vagabonder avec les copines, d'un bout à l'autre des Trois Chênes et pousser même jusqu'à Veyrier pour crapahuter jusqu'au sommet du Salève !

 

Aujourd'hui, Chêne-Bourg est devenue une petite ville contemporaine et restaurée.

J'en suis fière et j'aime toujours y déambuler.

Chaque rue, chaque ancien bâtiment évoquent des souvenirs aussi variés que colorés.

 

Quel plaisir d'y croiser mes anciennes voisines et de bavarder avec elles comme si les années n'avaient rien effacé !

Je m'y sens toujours chez moi et parfois j'ai envie de crier aux passants de "mes rues" :

je suis d'ici...

J'ai beau avoir vécu bien loin, vu et aimé d'autres horizons, mon coeur ne vous a jamais quittés...

 

Mon pays je t'aime !

 




0 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 25 autres membres