Les Cahiers de Martine

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Foi et incrédulité (?)

Méditation des Evangiles face à Esaïe 53

 

Jésus a été présenté par le prophète Esaïe (v. 4 et 5) comme celui qui ôte le péché et qui guérit les maladies. Il ne semble y avoir aucune séparation entre ces deux enjeux majeurs liés à son sacrifice.

Et pourtant, parmi les croyants de ces derniers siècles, une distinction semble s’être installée entre ces deux conséquences de la mort de Jésus sur la croix. Pourquoi ?

 

A la fin de cet été 2012 j’ai relu les quatre évangiles en suivi, et « relativement vite ».

 

Cela m’a permis de brosser un tableau avec une vue globale sur la façon de vivre de Jésus qui, entre autres, se mettait à part pour prier dès qu’il le pouvait et qu’il se laissait rejoindre par des foules avides de l’écouter car il parlait avec une autorité nouvelle et son enseignement était ponctué d’actes extraordinaires et miraculeux.

Jésus a exercé son ministère très naturellement surnaturel.

 

La volonté de son Père était de se manifester parmi le peuple pour se faire connaître, pour être découvert comme le seul vrai Dieu qui bénissait, guérissait, relevait, libérait et pardonnait à cause de son amour.

Tous s’étonnaientmais tous glorifiaient Dieu, malgré la peur souvent exprimée, cela « coulait de source » que seul Dieu pouvait réaliser ce que Jésus faisait.

On voit des gens ordinaires, des exclus, des malades, des possédés, des pécheurs qui eux ne se gênent pas de crier vers Jésus, persuadés qu’il suffirait d’un mot, d’un attouchement, d’un regard pour que leurs prières soient exaucées, ces gens-là ne semblent pas avoir l’ombre d’un doute de l’autorité de Jésus sur leurs maux de tous genres.

 

Presque à l'opposée, on voit Jésus reprocher l’incrédulité de plusieurs « souches de la population » (même à ses disciples), et plus particulièrement aux sages, aux docteurs de la loi, aux notables, aux religieux qui discutaient plus qu’ils n’écoutaient.

 

Davantage intéressés à polémiquer qu’à s’émerveiller, plus prompts à rejeter qu’à recevoir, à contrecarrer qu’à apprendre, à imposer leur propre justice qu’à se laisser convaincre etc. …

 

Et puis cette semaine je poursuivais ma lecture par le livre des Actes quand j’ai décidé d’écouter un court message d’Audrey Mack avec le rappel des paroles d’Esaïe qui présente Jésus qui sauve et qui guérit. Tout au long des premiers chapitres, je constate qu’il n’y est plus question d’incrédulité parmi les premiers chrétiens. Pourquoi ? Parce que Jésus avait tout accompli. L’incrédulité avait été vaincue sur la Croix, son sang avait coulé, les yeux des croyants avaient été ouverts et le Saint-Esprit les conduisait dans toute la vérité.

Pour la première église, miracles et guérisons, sont aussi naturels que le salut.

 

L’incrédulité est abordée plus tard, dans les lettres aux églises qui ont « commencé à décliner ».

 

Apparaîtront alors des faux prophètes, disputes, tensions, abus de pouvoir etc…

L’histoire de l’humanité jusqu’à nos jours où, polémiques, discussions, débats et conflits d’intérêts ont pris le dessus, l’essentiel de la vie chrétienne ayant été ramené à des dimensions humaines.

 

Mais aujourd’hui, qui pourrait réfuter l’affirmation de cette oratrice qui ose dire que c’est toujours la volonté de Dieu de guérir (?)… Si je n’avais pas été replongée dans les évangiles avant de l’écouter, peut-être que je me serais permise de nuancer cette affirmation « ça dépend, c’est du cas par cas », mais force m’est de constater que Jésus a clairement démontré sa volonté de guérir, et les quelques fois où il a refusé d’opérer un miracle, c’était en réaction à l’incrédulité manifeste des gens qui en réclamaient.

Mais alors pourquoi craint-on de proclamer aussi fermement la guérison que nous proclamons le salut ?

La question de Jésus m’a souvent interpelée : « qu’est-ce qui est plus facile de dire : lève-toi et marche ou tes péchés te sont pardonnés ? »… Quelle réponse apporter à cette question ? Une réponse est-elle nécessaire ou inutile puisque nous savons que Jésus peut faire les deux ? J’ai le (triste) sentiment qu’il nous est plus facile de dire « crois au Seigneur-Jésus et tu seras sauvé » que « crois et tu seras guéri »… car l’affirmation sur le salut n’a pas de « vérification possible » autre que la conviction intime du sauvé… tandis que l’affirmation de la guérison requiert une dépendance totale envers Dieu pour assumer ce qui se passera (ou pas), suite à une telle déclaration.

N’est-ce pas la « chose » qui nous retient de proclamer la guérison sur un malade qui croit au Seigneur Jésus, la peur de « ne rien voir venir et prouver que cette parole était juste » ?

Et de quoi aurions-nous donc peur ? De passer pour des illuminés ? De perdre notre crédibilité personnelle ? Ou d’entacher le témoignage que nous voulons rendre au sujet de Jésus qui sauve et qui guérit ? En ce qui me concerne, je crois que j’ai peur de ces 3 choses si difficiles à affronter.

En écoutant Audrey Mack, j’ai médité ce qu’est l’incrédulité. A mon avis, on a trop souvent associé la notion d’incrédulité à un manque de foi. On oppose presque automatiquement « incrédulité et foi ».

 

Je ne veux pas faire ici une dissertation sur le sens de ces deux "états". Mais j’ai l’intime conviction que le manque de foi n’est pas de l’incrédulité. Car celui qui demande à Jésus d’augmenter sa foi, fait déjà une prière de foi. Or la réponse de Jésus est claire : même si notre foi n’avait que la taille de la plus petite des graines, on ferait des exploits ! Que voulait-il dire ?

Et quand Jésus dit que « c’est à cause de votre incrédulité que… : » que voulait-il dire alors qu’il s’adressait à des croyants qui avaient témoigné de leur foi en lui ?

Alors quelle est la différence entre le "manque de foi" et l'incrédulité ?

 

Ma méditation n’a rien de théologique car je n’ai pas fait d’études, aussi je m’excuse du simplisme avec lequel je m’exprime ici, mais voici mon ressenti qui devient conviction dans mon cœur :

 

La foi, c’est ce que nous recevons de Dieu. Nous en avons tous reçu en même temps qu’il nous a conçus avec des yeux verts ou marrons, grands ou petits, notre Créateur a déposé dans nos êtres intérieurs une « graine de foi » qui nous permet de vivre.

A notre conversion (2ème naissance), cette graine de foi a germé en plantant ses racines dans la Parole qui a été faite chair en Jésus-Christ.

Cette foi est bien petite assurément ! Parfois un élan de foi nous pousse en avant et nous progressons dans ce terreau de la Parole de Dieu. Parfois notre foi s’affaiblit, les épreuves, les déceptions, la vie… font que nous cessons de l’arroser et notre foi se fane au point de redevenir une mini graine enfouie sous la terre… mais en tant que chrétiens, cette foi demeure parce que Jésus a fait de nous des enfants du Père. Certes notre toute petite foi nous limite parfois et peut nous priver de bien des grâces et des bénédictions que Dieu a en réserve pour nous, mais cette foi est là, aussi petite qu’elle soit, et Jésus est prêt à nous entendre lorsque nous crions à Lui avec foi.

 

L’incrédulité, c’est autre chose. C’est l’œuvre de l’ennemi. C’est la semence qu’il a déposée en Eden dans le cœur de nos parents. « Et si c’était faux… ou si c’était autrement… »… et si et si et si… Voilà un langage bien connu.

L’incrédulité est un esprit méchant qui nous paralyse. L’incrédulité est un état d’esprit. C’est l’air ambiant dans lequel l’être humain évolue depuis la chute et contre lequel il doit lutter constamment.

L’incrédulité ne vient pas de Dieu.

A l’origine, elle ne devait pas exister. Tout en Dieu est foi et confiance que nous avons laissé s’estomper à cause de notre nature pécheresse qui a ouvert une porte à l’incrédulité voulue par l’ennemi de Dieu avec un seul but « nous faire douter que Dieu est Dieu ».

Il réussit plutôt bien. En particulier dans nos pays « dits civilisés ». Au point même de nous faire penser que l’incrédulité peut être utile, comme une alarme de précaution, comme un signe de sagesse « pour ne pas avaler n’importe quoi et à vérifier toutes choses avant de croire »…

Mais Christ a cloué l’esprit de ce monde sur la Croix et nous donne le pouvoir de rejeter toute incrédulité qui veut remettre en doute tout ce qui est écrit !

 

Ne pleurons pas tant sur notre petite foi et surtout ne nous accusons pas de ne pas avoir assez de foi !

 

Jésus n’a jamais dit « si vous aviez une foi puissante »… Il nous invite à avoir simplement foi en lui

 

J’aurais presque envie de dire qu’il n’y a pas plus de petite foi que de petit salut… la mesure divine est unique, elle est à la dimension de l’amour de Dieu qui donne pleinement. La foi que nous avons reçu pour l’assurance de notre salut (que nous ne voyons pas, ni ne pouvons prouver) est la même que celle dont nous disposons pour notre guérison.

 

Cessons donc de nous lamenter sur le manque de « dons spirituels » en incriminant l’église de ne pas avoir davantage de puissance, de dons de miracles ou de guérison… utilisons la foi que Dieu a déposé dans nos cœur dès le jour où nous avons reconnu Christ comme notre Sauveur.

Reconnaissons le prix payé par Jésus sur la Croix pour notre guérison.

Reconnaissons que l’esprit d’incrédulité est à l’œuvre aujourd’hui plus que jamais, pour saper le moral des chrétiens, pour entacher le témoignage de la puissance de Jésus dans nos vies aujourd’hui encore.

 

Comment y faire face ? Comment contrer l’incrédulité ?

En revenant à la Parole de Dieu. En croyant à tout ce qu’elle enseigne. En reconsidérant le plan de Dieu pour toute l’humanité de la Genèse à l’Apocalypse.

 

Pour ma part, je garde précieusement dans mon cœur, l’enseignement reçu de croire à la Parole de Dieu, même si je ne vois rien même quand je ne sens rien, tout simplement parce que « c’est écrit ». Le livre d’Esaïe vient renforcer ce que les quatre évangiles rapportent : Jésus est venu parmi nous pour sauver et guérir. Sa mort n’expie pas seulement nos péchés, mais guérit également nos maladies. Soit dit en passant, Esaïe insiste sur les douleurs, la maladie, les blessures que Jésus a portés. Nous savons à quel point le péché est à l’origine de « tout ce mal » et que la souffrance ne touche pas seulement le corps, mais Esaïe nous rappelle que Dieu a voulu sauver l’humanité dans son intégralité.

Cette exhortation, je voudrais la partager avec tous ceux qui souffrent, avec tous ceux qui prient pour les malades, avec tous ceux qui croient que la Parole de Dieu est notre seul guide.

Cette exhortation, c’est à moi que je me l’adresse en premier, car je reconnais être entrée dans une attitude « d’acceptation » de la maladie, en oubliant l’œuvre complète de Jésus sur la Croix.

Je confesse avoir peur de proclamer ma guérison publiquement, parce que j’ai peur de mon échec personnel si « la réponse tarde ».

Je confesse que l’incrédulité est dans l’air ambiant du monde dans lequel je vis et que j’ai laissé une porte ouverte au mensonge de l’ennemi qui me fait croire que ce n’est peut-être pas le moment ou que j’ai quelque chose à vivre avec la maladie.

 

Oui je vis de très grandes choses dans le contexte de la maladie, NON PAS parce que DIEU ME L'ENVOIE, mais parce que DIEU est AVEC MOI jusque dans les pires heures de ma vie, précisément parce qu'IL entend mes cris.

Oui je découvre l'immensité de SA grâce, y compris dans la maladie, parce qu'IL ME PORTE lorsque je suis faible et OUI si je n'avais jamais passé par la souffrance physique ce sont autant de choses que je n'aurais pas apprises à vivre AVEC LUI, telles que : - patience - dépendance - confiance - contentement - joie - espérance et renouvellement de mon être intérieur en attendant ma guérison mais JAMAIS je ne laisserai la maladie semer doutes et incrédulité quant à la toute puissance de Dieu.

 

Et non, cette attente dans la confiance ne m'empêchera jamais de proclamer qu'IL est SOUVERAIN aussi bien dans la santé que dans la maladie; dans l'abondance aussi bien que dans la disette; dans la joie aussi bien que dans la tristesse, dans la naissance aussi bien que dans la mort.

 

Ma foi ne dépendra JAMAIS des événements, des circonstances ou des richesses de DIEU déversées  (ou non) sur ma vie.

 

Alors je veux lire et proclamer ces paroles de vie et de guérison, en faire ma prière quotidienne et c'est ainsi que l’esprit d’incrédulité est anéanti car vaincu par la puissance de la Parole de Dieu et disparaît de mon raisonnement, car :

 

Ce sont nos souffrances qu’il a portées,

C’est de nos douleurs qu’il s’est chargé,

Blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités

Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui,

Et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris.

Esaïe 53, 4 et 5

10 octobre 2012/mb



01/11/2015
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