Les Cahiers de Martine

Les Cahiers de Martine

La fatigue

La Fatigue du chrétien

Attention : Danger !

Maladie, syndrome moderne ou tentation (?)

 

En ce dimanche 23 juillet de l’an 2000 je pose quelques notes qui seront peut-être un jour le recueil de mes interrogations, réflexions et, pour l’heure, mon analyse sur la fatigue.

Pour avoir souffert de toutes sortes de fatigues à mettre ou pas sur le compte d’activités assidues, du travail, des soucis ou de la maladie, j’arrive à l’aube de l’an 2000 à me poser une question qui peut sembler stupide, mais qui, plus j’y pense plus j’en conclus que c’est un problème particulier dans la vie normale du chrétien.

Il m’est arrivé de toucher le fond de la fatigue physique et avoir atteint une ou deux fois dans ma vie la limite de ma résistance à l’usure physique de mon corps à laquelle s’était ajoutée une usure morale et spirituelle. Pour avoir passé par ce cap qui ressemble à un non-retour définitif à la vie, je crois pouvoir dire que je sais ce qu’est une vraie fatigue physique au sujet de laquelle je pense qu’il est inutile d’épiloguer car elle est normale : l’être humain doit se reposer, il a des limites et s’il les dépasse il est normal qu’il ressente une profonde fatigue.

Peut-être que plus loin j’y reviendrai avec le récit concret de cette fatigue-là. Pour l’heure, mon besoin essentiel est de poser sur cette feuille blanche ce qui me trouble dans la fatigue rencontrée quotidiennement mais très souvent exprimée chez les chrétiens.

Qui pourrait affirmer n’avoir jamais répondu à une invitation par la négative avec pour seule excuse : “je suis fatigué” ? Mieux encore, cette excuse semblant indigne, ne chercherons-nous pas toutes sortes d’autres excuses pour se défiler d’un quelconque engagement, derrière lesquelles nous cacherons mal la véritable raison du refus de sortir de chez nous... Je n’ai vraiment pas envie ou je n’en ai pas le courage ou j’ai trop à faire ?

Fort heureusement depuis quelques années la sincérité a pris le dessus et beaucoup oseront dire “je suis fatigué”, et si cela peut paraître un progrès que d’oser répondre exactement ce que l’on ressent, j’y trouve là presque un piège, car d’une part notre interlocuteur ne trouvera rien à répondre pour nous convaincre de faire une exception et d’autre part, cela deviendra très vite une réaction systématique de se ménager.

Ainsi, petit à petit on se coupe de toute vie sociale, de nos amis qui perdent eux aussi l’envie de nous voir et se fatigueront de nous convier puisqu’on leur a démontré que notre besoin de repos dépasse le besoin de partage et d’amitié.

Mais pourquoi le chrétien serait-il davantage touché que les autres ?

Peut-être parce qu’il a plus d’activités que les autres, mais peut-être aussi parce que ses activités sont des actes vitaux à sa vie spirituelle. Le chrétien atteint de grande fatigue va peu à peu se priver des rencontres hebdomadaires de son église. Il choisira d’éliminer – dans un premier temps -  le groupe de prière au bénéfice de l’étude biblique, ou vice-versa. Puis, sa fatigue ne diminuant pas, il se contentera du culte, étant l’office religieux essentiel, car finalement lire et prier à la maison au courant de la semaine, c’est si facile !

Seulement voilà, la fatigue se fait tout autant ressentir assis dans le fauteuil le plus confortable du salon et en admettant de s’y installer confortablement après une journée de travail, il est encore plus difficile de mettre un moment à part pour faire taire tout les bruits de la vie, ouvrir la bible, seul, en couple ou en famille pour terminer par un bon moment de recueillement avant d’aller se coucher. Alors viendra l’idée de remettre cet instant privilégié au lendemain matin, à l’heure où l’on est encore “frais et dispos” avant d’avoir vaqué à toutes ses occupations.

Mais alors, on avait oublié combien notre esprit est embrumé, quand secoué par la sonnerie du réveil on a déjà mis pied à terre, rejoint la salle de bain, bu son café et regardé l’heure déjà fort avancée, qu’on entre dans l'ascenseur ou qu’on s’installe dans le bus et que soudain une grande tristesse nous gagne : “mince, j’ai pas lu ma bible... Demain, je le promets demain...”

 Mais au fait, à qui le promettons-nous ? Au Seigneur le plus souvent, car c’est à lui qu’on pense d’abord, on l’a négligé, on l’a oublié - ah non ça c’est trop dur à admettre : “tu sais bien Seigneur que je ne t’oublie jamais, tu es au fond de mon coeur et de ma pensée en tout temps” et combien c’est vrai et il le sait bien. Il le sait si bien que si nous écoutions au fond de ce même coeur sa réponse, on l’entendrait peut-être nous dire : “ce n’est pas à moi que tu dois promettre ce moment consacré à lire ma parole et me prier, c’est à toi-même, car c’est toi qui en as besoin, c’est toi qui reçoit ainsi force et renouvellement pour poursuivre ta marche quotidienne avec moi”

C’est ici le dialogue entre notre coeur et Dieu que nous voudrions pourtant vraiment mettre à la première place. Alors, prenant conscience de la nécessité de prendre ce temps à part pour lui, on va avancer la sonnerie du réveil d’un bon quart d’heure tout en sachant que ce n’est vraiment pas beaucoup dans une journée... Mais on est si fatigué que lorsque le réveil sonne on sait qu’il y a ce quart d’heure à part qu’on pourrait grignoter et le Seigneur sait lui aussi – il nous aime tant, d’un amour inconditionnel et pas du tout lié au fait qu’on lui consacre cet instant vital pour notre santé et bonne forme physique... Et le reste de notre temps va être pris en discussion intérieure sans fin pour trouver LE bon moment à consacrer à notre alimentation spirituelle. Et comme pour tout arranger, la culpabilité va bientôt commencer à s’en mêler et la culpabilité entraîne très vite l’irritabilité qui peu à peu va nous fermer les yeux et les portes à ouvrir pour sortir d’un cercle sans fin dans lequel on est entré le plus naturellement du monde à cause d’un ennemi : la fatigue... Maladie ou tentation pour le chrétien ?

L’anorexie spirituelle commence, car moins on se nourrit moins on ressent la faim, mais l’être spirituel tombe malade et le corps s’enfonce chaque jour un peu plus dans cette fatigue qui ne diminue pas pour autant, au contraire, elle est omniprésente et on commence la longue descente vers cet état d’esprit fatigué contre lequel on ne peut plus lutter.

Le dimanche matin devient vraiment cruel, sans parler pour ceux qui travaillent le samedi. Dimanche, jour du Seigneur mais aussi jour du repos... J’ai vraiment trop besoin de dormir un dimanche matin par mois pour commencer... Et commence alors la longue descente, non pas vers les enfers, mais vers une misère intérieure, un mal-être permanent, une culpabilité incontrôlable qui n’engendrera que plus de fatigue et de tristesse pour souvent aboutir sur une dépression, contre laquelle sans aide extérieure il est si difficile de se battre.

Alors je pose ici l’essentiel de ma réflexion : La fatigue pour le chrétien, n’est-elle pas premièrement un moyen de le couper de la vie de l’église, de le séparer de Dieu, de le priver de la communion avec le Seigneur qui est la source de son énergie, de son dynamisme et de sa joie de vivre ? Je pourrais conclure ici = eh bien la maladie est une arme de Satan pour nous détourner de Dieu. Peut-être. Mais avant d’être entre les mains de l’ennemi, n’est-elle pas devant nous comme une tentation, quand on commence à se dire : “oh et à quoi bon faire un effort, j’ai bien le droit de me retirer un peu et de me laisser aller moi aussi”.

a.   Fatigue  naturelle  :

- Surcharge de travail

- Surcharge d’activités accessoires

- Surcharge d’efforts physiques

- Maladie (Grave ou chronique)

 

b.   Fatigue réactionnelle :

- Soucis

- Difficultés

- Tensions

- Agressions (Bruit, promiscuité)

 

Dans tous les types de fatigue, les résultats seront pratiquement les mêmes. Dans chaque cas de fatigue, quelle qu'en soit l’origine, elle aura pour conséquence première, la privation de liberté, car la fatigue absorbe tout dans la vie d’un individu et une fois installée, elle domine toute action et entraîne des réactions de dépendance dont la principale sera curieusement : le repos !

L’analyse que je porte personnellement à la fatigue qui me concerne, qui m’a touché toute ma vie, qui touche mes proches, me pousse à reconnaître que cette affection naturelle ou ce syndrome moderne, nous affecte bien au-delà de la simple expression orale “je suis fatigué” elle nous détruit littéralement en nous privant de toute action objective, en nous privant de l’essentiel vital pour notre épanouissement.

Lorsqu’un couple, ou l’un des conjoint, est touché par une profonde fatigue « naturelle » ou réactionnelle, c’est toute leur relation qui va être affectée, car chaque instant d’intimité retrouvé sera - devra - impérativement être consacré au repos et le besoin de relation affective, amoureuse ou sexuelle sera reléguée au second plan et ne trouvera plus de temps pour être assouvi. Or, satisfaire ou assouvir de tels besoins font partie de l’essentiel du couple. N’y voyons pas là un besoin d’assouvir quelque chose de secondaire, inutile ou égoïste, mais considérons bien la réalité vitale du besoin de partager, échanger des instants privilégiés et nécessairement pris à part, dans l’isolement, loin des autres, donc instants pris sur les heures de sommeil, de détente ou de repos devenus désormais, à cause de la fatigue, impossibles.

Certes, je parle en connaissance de cause. Sans remonter aux années d’hyper activité où j’élevais mes enfants, travaillais à plein temps et suivais les activités de mon église. Il me suffit de considérer ma journée d’aujourd’hui, 28 juillet 2000 :

- A l’heure où j’écris, il est 04h59... Il m’aurait été impossible de le faire dans la journée et cela fait partie des choses que j’ai envie ou besoin de faire, donc je le prends sur mon temps de repos car éveillée par un orage, je fais le bilan de ma journée d’hier, de ma soirée et des derniers mots exprimés avants de m’endormir : “Seigneur, nous sommes si fatigués, je t’en supplie viens à notre secours sinon on ne s’en sortira pas... Je sais je n’ai pas grand chose à te demander puisque nous ne faisons plus rien pour toi...” (Texto) !

Mais attention ! Mon mari et moi sommes atteints d’une fatigue « naturelle » réelle... Authentique... Ni morale, ni nerveuse, ni maladive. (Même si en ce qui me concerne je suis touchée par une affection chronique qui me transforme en masse fatiguée quasi permanente)

Allons, je me lance et je vais d’abord décrire la journée d’Henry. Petite journée car il n’a travaillé qu’à mi-temps à l’extérieur. Debout vers 7h30, après nous avoir apporté au lit son café et ma traditionnelle tasse de thé accompagnée de 4 biscottes, préparé le petit déjeuner de sa mère qui vit avec nous pour un temps. Il s’est immédiatement activé pour notre travail à domicile qu’il n’a laissé qu’à 11h. pour partir à Genève (1h de route), préparé une livraison avant d’être sur pied d’oeuvre à la Migros de 13h à 20h où le rythme de travail interrompu par une petite pause de 10 minutes est soutenu par le poids des palettes de fruits et légumes à déplacer, décharger, ranger, arranger avant de les recharger, re-ranger et re-arranger à la fermeture... Bref, sorti à 20h15, il regagnera sa voiture de son pas tranquille et sera au bercail à 21h15 où le souper n’était pas prêt car sa petite femme n’était rentrée qu’à 20h, avait tout juste eu le temps de servir un bol de lait chaud à sa belle-mère, vider le lave-vaisselle, donné à manger aux chats de la voisine, sorti les tomates et la mozzarella du frigo et se reposait 10 minutes d’une journée assez remplie aussi... Couchés à 23h, après avoir pris 20 minutes pour manger, finalisé un minimum de travail à deux pour l’organisation du lendemain, nous étions cassés tous les deux et les 50 secondes de câlins écoulées, on s’est dit bonne nuit... Et ça, c’était une journée dite à mi-temps qui totalise pour Henry 14 h. 30 d’activité effective, excusez-moi je compte les déplacements...

Ses journées à plein temps sont un peu différentes... Debout à 04h30, il n’a pas de thé à monter à son épouse, ni de café à faire pour sa mère, il saute de son lit, passe par la salle de bains et monte dans sa voiture pour retrouver dès 6h ses palettes de fruits et légumes.

Les bonnes journées il disposera du luxe de 2h. de pause et comme j’en ai partagé une avec lui je peux vous la décrire... Sorti à 11h, il achète un casse-croûte, regagne sa voiture vers 11h20, écoute ses messages sur son “combox” où il trouve le plaisir d’entendre ma voix qui lui dit “coucou, je t’aime, rappelle-moi(ou qui pourraient éventuellement le dévier de son programme de pause) il se rend ensuite à l’orée d’un petit bois (au bord de la piste de Cointrin). Il est environ 11h35, il mange un morceau, se dégourdit les jambes, règle son réveil pour 12h15 avant de s’allonger sur son siège de conducteur... Reprendra le volant, recherchera une place de parking et retrouvera ses palettes de fruits et légumes jusqu’à 18h le samedi, 20h le jeudi ou 19h les autres jours... Sur deux heures de pause, il n’aura eu que 40 minutes de repos quand il n’aura pas eu besoin d’aller à la poste, à la banque, ou accomplir toute autre tâche administrative en courant... Et quand il n’a qu’une heure de pause, il reste simplement dans l’enceinte du centre commercial, fera quelques pas ou quelques courses en mangeant un sandwich...

Dans tous les cas de plein temps, il sera rentré entre 19h15 et 21h30... Sa femme lui servira son souper et trois ou quatre jours par semaine ils continueront à travailler jusque vers minuit ou 2h du matin avant d’aller se coucher.... Levé à 4h30, couché à 2h du jour suivant, c’est monnaie courante en ce moment chez les Bouchaut. (activité indépendante)

Rien que d’avoir écrit ces paragraphes, je me sens harassée et je ne serais pas étonnée que le lecteur se sentira dans le même état car il se reconnaîtra à un moment ou un autre de sa vie. Et ça, c’est ce que j’appelle la fatigue réelle ou normale si vous préférez, mais elle est tout aussi dangereuse que la fatigue réactionnelle.

C’est vrai que nous sommes fous de vivre ainsi, mais la réalité c’est que nous sommes des milliers de fous de cette catégorie de travailleurs et même si sur ces milliers de fous il n’y a pas que les employés de la Migros qui font une moyenne de 42 à 46 h. par semaine, les ouvriers de chantiers qui travaillent en plein soleil ou sous la neige, il y a les bureaucrates, les cols blancs... Eh bien parlons-en un peu, mis à part le prix de leurs costumes, leur look comparé aux bleus de travail et au vert des tabliers Migros...

Monsieur Col Blanc n’arrivera au bureau que vers 9h, mallette à la main après avoir déposé sa belle voiture dans le parking de l’immeuble où il travaille. Mais mis à part les quelques centaines d’entre eux qui ont le temps de lire le journal, commenter l’actualité économique, politique et sportive du Monde ou draguer la gente féminine, ils sont aussi des milliers qui, comme Monsieur Broker s’installera derrière son grand bureau sur son fauteuil ergo-dynamique, il n’en bougera que deux ou trois fois fidèlement accompagné d’un bip accroché à la poche de sa chemise, d’un téléphone sans fil à droite de sa ceinture, pour aller fumer une cigarette, boire un café, et assouvir un petit besoin personnel, il glanera sur son chemin deux ou trois informations de ses collègues croisés dans les couloirs ou des ordres de son supérieur criant de son bureau ouvert, il reviendra alors en trombe à son bureau, griffonnera les instructions reçues et aura déjà oublié le goût de sa cigarette ou l’odeur de son café avant même de s’être remis à son travail accroché au téléphone ou pendu à l’écran de son ordinateur...

Quand il rentrera le soir, vers 18h s’il travaille avec l’Asie, bien plus tard s’il travaille avec les Amériques... Il rejoindra sa maison au volant de sa belle voiture, retrouvera sa famille et disposera de sa soirée pour essayer d’oublier les risques financiers pris dans la journée à condition de ne pas suivre la bourse à la télévision qui le replongera dans ses soucis si toutefois il échappe à la tentation de replonger sur son téléphone ou rallumer son ordinateur portable pour transmettre - à tout prix, chérie excuse-moi deux minutes... - un ordre urgent à son correspondant de l’autre bout de la planète... Ils se coucheront aussi vers minuit ou 2h du matin et le moment de câlin risquera fort bien de s’écourter également en raison du stress des transactions à réussir le lendemain. Que l’épouse n’aie rien à voir dans l’activité de son mari ou qu’elle travaille dans le même domaine, la vie de ce couple sera touchée par le phénomène d’une fatigue réelle doublée d’une fatigue réactionnelle.

Excusez-moi, mais la journée d’Henry pris entre son travail temporaire à la Migros et notre activité à domicile et la journée d’un bureaucrate stressé, je pense que ce n’est pas le poids des palettes de fruits et légumes qui font la différence avec le poids d’un stylo et le confort du fauteuil. Sincèrement, je pose la question qui est le plus fou !?

La réponse est simple : nous vivons tous dans un monde un peu fou et nos corps, nos santés et nos vies en paient le prix fort.

Alors le remède ?

Un combat moral, physique ou spirituel ?

Reprendre son agenda en mains… être plus raisonnables… se réorganiser… prendre des vacances… ou tout simplement commencer par prier pour comprendre « là » où le bât blesse ?

Je pense sincèrement que toutes bonnes mesures sont à prendre, mais pour que nos efforts pratiques ne soient pas caduques ne faudrait-il pas commencer par la prise de conscience de notre réalité, suivie par un acte de foi : rétablissement de notre culte personnel et réengagement à offrir à Dieu notre participation au culte de notre communauté.

Quant à moi, mon premier acte de foi par la reprise du chemin du culte et si possible de réunions est entrepris et je ne suis pas plus fatiguée pour autant. Je ne suis pas guérie et le rétablissement de mon culte personnel passe encore par un réel combat : mais je ne désespère pas de le retrouver car je sais que j’ai tout à y gagner et surtout rien à y perdre : car ma fatigue ne se récupère jamais sur le temps grignoté à ma communion avec le Seigneur ! Alors prions les uns pour les autres, car je suis de plus en plus convaincue que la victoire sur cette fatigue-là est la clé de la victoire sur bien d’autres ennemis invisibles et à l’œuvre dans nos vies modernes.



20/09/2015
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