Les Cahiers de Martine

Les Cahiers de Martine

Réflexion sur des "phrases à la mode" dans nos lectures

Réflexions sur les lectures à la mode

 

J’ai reçu il y a quelques jours un livre écrit La Révolution de l’amour.

Après la lecture de quelques paragraphes du chapitre d’introduction, bien qu’approuvant ce que je lisais, un certain malaise s’est emparé de moi avec cette petite phrase gênante qui résonnais en moi :

Encore un … un de plus… qui s’annonce comme étant LA solution et LA réponse

 

Gênante, parce que étant moi-même mordue d’écriture comme je le fais ici, ayant pour habitude de poser noir sur blanc mes découvertes ou réflexions, je fais partie de ceux qui écrivent dans l’espoir d’être lus et compris… et si l'auteur a eu à cœur d’écrire ces lignes je ne peux en aucun cas mettre en doute sa sincérité ni même sa source d’inspiration.

Comment pourrais-je espérer être lue ici sur ce simple document écrit sur mon PC, et m’offusquer qu’une autre personne fasse de même avec en plus l’opportunité de publier haut et fort ce qu’elle a sur son cœur pour le monde chrétien.

Je suis persuadée que tout ce qui est écrit dans ce livre est basé sur la bible, théologiquement correct et rempli de conseils utiles, voire indispensables pour aller de l’avant dans la mission que Dieu nous a confiée.

 

Alors pourquoi ce malaise ? Pourquoi cet esprit analytique qui se réveille une fois de plus dans mon esprit et me bouscule jusqu’au plus profond de mon être spirituel ?

Pourquoi – en clair - remettre en question la validité ou la valeur de tels écrits ou de telles phrases de présentation ?

 

Beaucoup d’autres avant celui-ci commençaient de la même manière et je les ai acceptés, dévorés, lus avec passion en puisant des éléments de croissance pour ma vie; pourquoi ce sentiment de saturation par ce murmure un de plus… une formule de plus… un thème de plus… un truc de plus… comme si c’était juste de trop ?

 

Autant j’ai désiré ardemment appliquer les principes découverts dans une multitude d’ouvrages tels que Le principe Philippiens 4 :8 – Atteindre le Dieu invisible – Objectif Eternité – Connectés les uns aux autres – Quand nos rêves volent en éclat … et j’en passe …

Autant ce matin je me sens mal à l’aise par des mots qui se retrouvent dans la plupart des introductions ou présentations d'ouvrages actuels :

« après avoir lu ce livre… »

Et s’en suivent une liste de promesses : votre vie sera changée, vous ne vivrez plus de la même manière, la joie fera partie de votre vie, vous grandirez, vous transformerez votre entourage, votre manière de penser ne sera plus la même, vous bouleverserez vos habitudes etc.…

Je n’ai ni la force ni la capacité de ressortir les (très) vieux livres d’études ou d’exhortations d’autrefois, mais je ne serais pas surprise de ne pas y trouver de telles « motivations » pour pousser les lecteurs à plonger leurs regards dans des ouvrages écrits de plumes humaines, comme s’il s’agissait de LA réponse à tous leurs problèmes, LA seule chose qui leur manque !?

Il me semble qu’un langage moderne s’est infiltré jusque dans nos lectures évangéliques, tel qu’on le retrouve dans toutes les chaînes transférées par e-mail sur nos écrans… si vous lisez ceci… quand vous aurez transféré cela… quelque chose va se passer…

 

Voici plusieurs années que la redécouverte de la lecture de la Bible m’a remise sur la voie de cette lecture source inépuisable de l’enseignement divin, d’exhortations pratiques et concrètes pour chaque jour de ma vie. Je suis aujourd’hui interpellée par ces nouvelles formules presque magiques qui offrent aux chrétiens LA réponse – LA solution et L’alternative parfaite pour progresser sur son chemin de vie.

 

Encore une fois quand je pose mes réflexions sur mon écran, je formule davantage de questions que de réponses et c’est peut-être ce qui me gêne en lisant certaines affirmations d’auteurs convaincus de leur découverte, c’est l’absolue conviction que ce qu’ils écrivent est équivalente à LA vérité de la Parole de Dieu.

 

J’ai beaucoup moins de convictions qu’eux en ce qui concerne mes « élucubrations »… J’ai davantage pour habitude de bousculer les clichés, de démonter les réponses toutes faites avec des points d’interrogation là où beaucoup de personnes préfèrent ne pas chercher de réponses. Mais il y a une chose dont je suis persuadée et dans laquelle je resterai toujours : il n’y a pas de meilleures réponses que celles qui se trouvent dans la bible et pas d’autres écrits plus inspirés que la Bible.

 

Il y a des auteurs, des prédicateurs, des enseignants, des spécialistes de la Parole de Dieu qui nous aident à comprendre et mettre en pratique les textes de la Bible, mais celle-ci reste LA référence première et ultime !

 

Et comme l’expliquait si bien le Pasteur Gaétan de l’ELP dimanche dernier : nous avons le privilège d’avoir des clés nous permettant d’interpréter et d’expliquer les textes bibliques pour les comprendre et les appliquer correctement.

 

A nous de les utiliser avec sagesse, discernement et humilité pour approfondir les Ecritures sans leur faire dire ou taire ce qui nous arrangerait. Et il est évident qu’un livre, comme toute prédication est issu de temps de préparation, d’étude, de prière et d’inspiration pour nourrir le peuple de Dieu et le faire grandir en connaissance. Et j'en use abondamment !

 

Mais je me pose des questions en regardant la multitude de bons livres qui m’ont aidée à cheminer à un moment ou un autre :

 

-          Au final, était-ce juste une bonne lecture venue confirmer ce que je ressentais, pour chatouiller mon intellect spirituel et me dire « oh que c’est bien dit » ?

-          Quels fruits réels perdurent aujourd’hui après ces lectures ?

-          Quelle place prépondérante la Bible a-t-elle gardé dans ma nourriture quotidienne ?

 

Si je m’en tiens à mes notes gribouillées sur mes divers cahiers accompagnant ma lecture biblique personnelle, je suis contrainte de constater que l’impact laissé par les textes bibliques va bien au-delà de la simple satisfaction de lire un bon livre. Cet impact a généralement été suivi d’un temps d’intimité profonde avec Dieu, de remise à l’heure des pendules de ma vie, de restauration intérieure profonde qui dépasse de loin tout ce que la lecture du livre le plus excellent jamais lu.

 

Le Livre par excellence, n’est-il pas précisément notre bonne vieille Bible dont la préface pourrait être écrite en lettre d’or pour celui qui l’ouvre pour la première fois :

-          Quand vous aurez lu ce Livre, votre vie sera transformée et la révolution de l’amour de Dieu aura un impact éternel pour vous !

Il est vrai que la lecture de pratiquement tous les textes bibliques pourraient déboucher sur la rédaction d’un nouveau livre pour en développer la profondeur et inviter les lecteurs à s’y plonger… et ma question : s’il devait n'y avoir un seul livre pour amener les chrétiens à croître, connaître leur Dieu et atteindre ce Dieu invisible, quel texte devrions-nous extirper de la bible ?

Aucun. Il y en a bien trop. Impossible d’en choisir un au risque de mépriser l’autre. Car toute la Bible est "un" en elle-même et ne peut être divisée et c'est cet ensemble parfait qui a été inspiré par Dieu pour se faire connaître à tous les lecteurs de tous les temps.

 

Qu’est-ce que Dieu a dit à Moïse de dire pour le présenter au peuple qu’il voulait libérer de l’esclavage ?

Dis-leur que « Je Suis »…

Et moi j’ai envie de dire « Il Est ! »…

Si nous saisissions ne serait-ce que 5 minutes par jour la profondeur de qui IL EST… nous n’aurions plus besoin d’autres lectures que la Bible, ce Livre qu’IL a voulu sauvegarder depuis tant de siècles à travers tous les âges et toutes les cultures, car tout y est déjà écrit, et ce qui nous manque trop souvent, c'est la prise de conscience de QUI l’a inspiré, de QUI l’a dicté et de QUI nous pouvons tirer toutes les sources de Sagesse, Connaissance, Instruction et Discernement de ce qu’IL veut nous faire découvrir…(!)…

 

La semaine passée j’ai été frappée par le premier dialogue entre Dieu et Moïse.

Exode 4 :10 à 17, mais plus particulièrement le v. 10 :

« … et cela n’a pas changé depuis que tu me parles… » (version Parole de Vie).

Je n’avais jamais relevé cette réponse osée de Moïse, presque un reproche à peine voilé d’un constat d’échec… tu as beau me parler depuis un bon moment mais rien n’a changé dans ma difficulté…

Si on se place dans le contexte des versets précédents, on voit que Moïse vient de découvrir pour la 1ère fois le Dieu de ses pères, ce « Je Suis »… et pas d’une manière ordinaire, avec des manifestations surnaturelles de quoi bouleverser les plus incrédules qui d’ailleurs sont choisis par Dieu pour accompagner le message qui sera confié à Moïse afin que le Roi d’Egypte laisse partir son peuple et qu’Israël soit convaincu que le messager vient bien de l’Eternel le Dieu de leurs pères…

 

Et pourtant ! Moïse ne se contente pas de confesser son incrédulité mais il déclare carrément forfait ! Il abandonne la partie avant même d’avoir commencé alors que quelques instants plus tôt, Dieu lui avait donné des signes particuliers de sa Puissance de sa Présence et de son Autorité qui allaient agir au travers de lui, simple porte-parole désigné par le Dieu Tout Puissant

Serions-nous tentés de dire que nous aurions cru à ce moment-là plus que jamais que tout était possible ?

Oserions-nous penser que nous aurions réagi mieux que Moïse ?

 

Certainement pas, pourtant quand je lis plus loin que « Dieu se fâche… », comme je le comprends ! Lui Le Tout-Puissant qui vient de manifester ce dont Il était capable et surtout quelle était sa volonté, j’aurais aimé lire ce récit avec une autre « fin », en voyant Moïse se prosterner devant Dieu, confesser son incapacité mais exprimant sa confiance totale en ce Dieu puissamment révélé et le voir partir avec une nouvelle audace, guéri de son incapacité de parler, transformé en un homme sûr et rempli de force !...

Il n’en est rien !

La « fin de non recevoir » de Moïse a forcé Dieu a changé de plan initial et de trouver un substitut pour que Moïse accepte de partir…

Cela ne choque-t-il donc personne d’autre que moi ?

 

S’il est vrai que par la suite on découvrira que le « Plan B » aura le bénéfice de la présence d’une précieuse aide aux côtés de Moïse pour accomplir cette lourde tâche, nous est-il permis d’oser imaginer ce qui se serait passé si Moïse avait cru en ce Dieu de miracles et accepté sa mission sans négocier avec Dieu ?

Si Moïse avait pu dès cet instant-là comprendre qui était Je Suis quelle aurait été la suite de ce récit ?

 

Il est à relever que l’incrédulité de Moïse a fâché Dieu, mais ne l’a pas empêché d’agir et de libérer Israël de l’esclavage et je n’ai donc pas à craindre de l’incrédulité qui m’entoure et qui arrive parfois à m’ébranler, car Dieu est AUSSI au-dessus de nos limites, de nos doutes, de nos craintes et IL connaît nos cœurs, il sait de quoi nous sommes faits et ne permettra pas à nos "petitesses" de bloquer ses plans - aussi longtemps que nous restons droits et honnêtes devant Lui, autre vaste sujet que je ne peux développer ici…

Mais je me pose la question pour moi aujourd’hui, pour nous tous ses lecteurs du 21ème siècle :

-          Si nous ne retenions qu’une seule chose : apprendre qui est notre Dieu ?

-          Laisser « Je Suis » agir en et avec qui nous sommes comme IL le sait, comme IL l’a planifié, 

aurions-nous tant besoin de lire d’autres manuels qui pourraient devenir des pièges de se réclamer d'une autre "assistance" que celle manifestée dans la Bible par l'Esprit Saint ?

 

TOUTE la Bible n'est-elle pas là pour cette raison : nous faire découvrir qui est notre Dieu, Créateur, Père et Sauveur.

Puisse le Saint-Esprit ouvrir nos yeux à la lecture de sa Parole afin que nous sachions y puiser toute la source de notre énergie, de nos motivations et de nos ordres de marche pour accomplir la Volonté de ce Dieu qui est de toute éternité Celui qui peut tout et que seules nos propres limites peuvent freiner la réalisation de son plan…

 

Et si, comme Moïse, nous avons le sentiment que "rien n’a changé depuis qu’Il nous parle" ou depuis que nous lisons Sa Parole, ne déclarons pas forfait et comme Moïse, prenons le bâton de la marche avec l’assurance totale qu’au moment où nous aurons à ouvrir la bouche, Dieu la videra d’abord de toutes les bêtises que nous pourrions exprimer – et là je parle pour moi - pour pouvoir la remplir de ce que LUI aura à dire par notre moyen !

Mercredi 15 février 2012/martine



23/04/2016
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