Les Cahiers de Martine

Les Cahiers de Martine

A cause de Son Nom !

A cause de Son Nom

 

Pour ceux qui me connaissent, vous savez à quel point j’aime ce Livre et bien que je prenne grand plaisir de lire d’autres livres, pour ce qui est de la lecture de la bible, c’est une véritable passion qui s’est emparée de moi depuis plusieurs années.

 

En ce mois de juillet 2010, mes lectures bibliques soulignent un fait parmi les vérités bibliques de base, ce qui m’a amenée à réviser un point d’ancrage de ma foi, en particulier dans la prière et l’intercession.

Et depuis une semaine, l’Esprit semble m’inviter à le partager avec vous sous ce titre – qui résume tout :

 

… à cause de Son Nom…

 

Nous savons tous que tout ce que nous faisons est à cause du Nom de Jésus et pour la gloire du Nom de l’Eternel, que tout lui appartient, tout lui revient, tout lui est dû. Ce n’est pas un scoop… (!)...

 

Mais j’ai pris conscience que c’est aussi à cause de Son Nom que Dieu agit, que Dieu intervient, que Dieu répond, que Dieu punit, que Dieu délivre, que Dieu se manifeste.

 

Oui, je suis appelée à prier, à obéir, à suivre, à écouter, à me soumettre aux commandements du Seigneur, mais ce n’est pas à cause de ma discipline, de mon honnêteté, de ma gentillesse ou même de mon zèle dans le service ou l’évangélisation, que Dieu répondra à ma prière et bénira ma famille ou mon église.

 

Tout cela, je dois le faire parce que je l’aime et le reconnais comme mon Seigneur… mais pas pour obtenir miséricorde, car Dieu fait miséricorde à qui il veut et c’est Lui le Seigneur. Quelqu’un disait récemment – je sais plus si c’est à Genève ou au Québec – qu’il n’est pas tout à fait juste d’inviter les gens à accepter Christ comme Sauveur d’abord et comme Seigneur ensuite… car qui pourrait reconnaître la capacité de sauver et d’en avoir l’autorité, en quelqu’un qui n’a aucun pouvoir, qui n’est pas reconnu comme LE Seigneur de l’univers – et de sa vie ?

 

Alors la première chose à définir dans nos vies, c’est qui est mon Seigneur pour prendre conscience que TOUT dépend de Lui et tout est POUR Lui.

 

1 Samuel 12:22

L'Éternel n'abandonnera point son peuple, à cause de son grand nom, car l'Éternel a résolu de faire de vous son peuple.

 

C’est l’Eternel qui a résolu de faire de nous ce que nous sommes aujourd’hui. Oui, c’est notre choix de le "laisser faire", mais c’est surtout SA résolution de se former un peuple pour régner avec Lui. Combien de fois n’ai-je pas limité Dieu dans ma vie à cause de ma petitesse, oubliant que c’est LUI qui a résolu de faire de moi son enfant.

 

Psaume 79:9

Secours-nous, Dieu de notre salut, pour la gloire de ton nom ! Délivre-nous, et pardonne nos péchés, à cause de ton nom !

 

L’ancien testament regorge de textes où l’on voit que Dieu agit afin de ne pas souiller son Nom.

Combien de fois ne l’ai-je pas limité en comptant mes fautes, défauts et faiblesse, oubliant que c’est LUI qui veut se glorifier dans ma vie.

 

Psaume 109:21

Et toi, Éternel, Seigneur ! Agis en ma faveur à cause de ton nom.

 

Oui j’ai besoin de SON intervention, oui j’ai besoin de SA faveur, mais NON pas à cause de moi sa petite brebis ou son grand serviteur puissant, mais toujours à cause de son nom.

Combien de fois n’ai-je pas craint Lui demander une faveur, alors qu’Il veut me faire grâce à cause de son nom.

 

1 Jean 2: 12

Je vous écris, petits enfants, parce que vos péchés vous sont pardonnés à cause de son nom.

Oui l’Amour de Dieu est tel qu’Il nous a donné son Fils (Jean 3 :16) - pour nous sauver mais Jean vient ici nous rappeler que si nous sommes aujourd’hui des pécheurs pardonnés, ce n’est pas pour faire bien dans le paysage de nos églises ou pour notre bonne petite vie chrétienne, mais c’est à cause de son nom.

 

Alors qu’est-ce que cela peut bien changer dans ma prière personnelle ou dans l’intercession pour ceux qui se recommandent à nos prières parfois empreintes de doutes, de manque d’assurance ou de recherche de la volonté de Dieu ?

 

Le doute est-il permis lorsque nous réalisons que Dieu n’agit pas « juste pour nous faire plaisir » ?

Le doute est-il possible lorsque nous découvrons que Dieu veut répondre à cause de son nom et comme Il le voudra, au temps qu'Il a marqué par Lui et non plus à cause de nos besoins même les plus légitimes ? 

 

Cela pourrait-il transformer la dimension de notre foi si elle est ancrée non plus dans la réalité des besoins que je soumets à Dieu dans la prière, mais ancrée dans le fait de soumettre ma volonté à celle – première de l’Eternel – qui consiste à glorifier Son Nom, manifester Sa puissance à cause de son nom et non plus « pour moi » ni même pour ceux que j’apporte à ses pieds ?

 

Quand je jeûne, quand je prie, quand j’intercède pour le salut de mes bien-aimés, « Seigneur tu vois combien je les aime, tu vois depuis combien de temps je prie, tu vois combien je souffre pour eux, s’il te plaît honore ma foi »… Oublierais-je que c'est LUI qui les a aimés le premier ? Ne devrais-je pas proclamer face à l'adversité qu’Il VEUT sauver, guérir, pardonner, secourir tous ceux pour qui je prie à cause de son nom ?

 

Cela va beaucoup plus loin que de simplement terminer notre prière « au Nom de Jésus », c’est reconnaître qu’il va répondre de son amour, de sa fidélité à sa parole, mais surtout à cause de lui !

 

La prière enseignée par Jésus dans Matthieu 6, n’est-elle pas précisément le rappel que TOUT D’ABORD, Dieu exauce celui qui reconnaît son Père comme étant au-dessus de tout et que son règne doit être établi, reconnu non seulement dans le ciel mais ici-bas sur terre et dans nos vies.

 

Lire Matthieu 6, les versets 7 à 10.

Verset 7 : En priant, ne multipliez pas de vaines paroles, comme les païens, qui s'imaginent qu'à force de paroles ils seront exaucés. Ne leur ressemblez pas ; car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez. Voici donc comment vous devez prier : Notre Père qui es aux cieux ! Que ton nom soit sanctifié ; que ton règne vienne ; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.

 

Bien sûr, Dieu connaît nos cœurs. Il sait combien nous avons besoin d’en déverser nos fardeaux, mais Jésus lui-même place Dieu au cœur de la cible de mon intercession et c’est alors que ma foi est nourrie, fortifiée, car recentrée sur Celui qui règne et qui n’a qu’un seul désir, c’est de répondre à la prière de la foi à cause de son Nom.

Amen.


24/10/2015
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Bénédictions divines et miracles

Les bénédictions divines = mirages ou miracles ?

 

Depuis quelques années je me rends compte à quel point l’attente des croyants ne se trouve pas toujours rejointe...

 

On parle beaucoup de la guérison divine et mon sujet ici n’est pas tant celui de la foi, que de l’atmosphère dans laquelle LA FOI est exercée par les croyants. Comment est-elle perçue par leur entourage, ou redoutée par les sceptiques ?

 

Dès qu’on évoque la foi de quelqu’un qui s'attend à un miracle de Dieu, c’est comme si l’icône d’un saint auréolé se profilait au milieu d’un terrain hostile, où des vents contraires soufflent dans tous les sens pour lui faire perdre son auréole dérangeante envers celui qui doute et qui n’entrevoit qu’une issue négative face à une maladie grave qui conduira  le malade vers une mort certaine.

Dommage que je ne sache dessiner, car j’aimerais l’illustrer ici cette « figure de saint » qui marche à contre-courant, se heurtant à l’incrédulité des autres "aux gens de peu de foi"… Icône collée parfois aux chrétien qui confessent leur confiance et leur foi en Dieu au cœur de l’épreuve…

 

Et puis, malheureusement à mon avis, certains croyants donnent cette triste impression d’être « à part », décalés, irréalistes, vivant sur un nuage et non plus sur terre. 

 

Qu'est-ce qui procure cette « foi invincible » du croyant qui s’appuie sur La Bible en affirmant que « tout est possible à celui qui croit » ? Parce que le Dieu de la Bible est le Dieu de l’impossible, Celui qui est capable d’opérer des miracles depuis la nuit des temps jusqu’à aujourd’hui.

Et moi, je crois en ce Dieu-là. Je crois qu’Il est Le Tout-Puissant et qu’Il opère des choses extraordinaires qui nous surprendront toujours, qu’on ait la foi ou non.

Alors pourquoi évoquer cette image sous un angle négatif puisque je crois fermement à la guérison « dite divine » ?

 

Parce quelque chose me dérange de plus en plus dans ce qui est véhiculé par l'image du croyant gentil-gentil, un peu naïf, voire demeuré

 

Le miracle divin est attendu comme étant systématiquement de l’ordre du prodige, de la chose qui ne peut pas être et qui est quand même.  Tel un mirage dans le désert qui nous fait croire à une étendue d’eau mais qui n’en est pas une…

Et oui, dans le domaine de la Foi dans le Dieu de la Bible, le mirage peut soudainement se transformer en miracle bien réel « par l'intervention de Dieu, créant ce qui n’existe pas ».

 

Pour les uns l'attente d'un miracle de Dieu n'est qu'un mirage illusoire, une rêverie religieuse.

Tandis que pour le croyant ce mirage peut prendre la forme d'un miracle par la puissance créatrice de Dieu.

 

Pour avoir vu (et même photographié) des mirages dans le Sahara, je peux vous assurer qu’il est difficile de croire que ce n’est pas réellement de l’eau à portée de main. Et la Foi vivante du croyant en Dieu va effectivement jusque-là :  arriver à la conviction que Dieu est capable de faire surgir quelque chose qui n’existe pas, là où cela ne peut être, parce qu’Il est Le Créateur et comme il a créé tout l’univers, Il a appelé à être ce qui n’existait pas. Aujourd'hui encore Il est capable d’appeler à l'existence ce qui n’existe pas et le mettre à notre disposition. 

 

Ces choses peuvent être multiples, d’ordre matériel, naturel, physique, émotionnel : Dieu peut faire surgir du néant ce qui n’a pas encore été, rien que par amour pour nous et en réponse à la prière du croyant.

Mais… (et oui, il y a toujours un mais), les choses ne se présentent pas toujours comme NOUS le pensons, les situations ne se déroulent pas toujours comme NOUS le voudrions et les bénédictions de Dieu ne se déversent pas toujours comme NOUS l’imaginons. Et le miracle n'a pas toujours lieu là où nous l'attendons.

 

Je suggère de réfléchir un instant, au fait que la bénédiction de Dieu ne se manifeste pas toujours sous une forme prodigieuse.

Oublierions-nous de la voir ?

 

Je pense que c’est la raison pour laquelle il est écrit : Rendez grâce à Dieu pour toutes choses…

C’est un impératif ! Mais pour cela il faut apprendre à les voir, les reconnaître et les identifier comme telles.

 

Lorsque nous remercions Dieu pour la nourriture que nous mangeons, les aliments tombent-ils miraculeusement dans nos assiettes ? Certes non. Une personne a bien voulu acheter des ingrédients, les préparer et même nous les servir. Où est le miracle ?

Quand nous avons besoin de légumes pour préparer ce repas, tombent-ils du ciel ? Certes non, il a fallu qu’une personne les cultive, qu’une autre les récolte, les vende et que j’aille les acheter. Où est le miracle ?

Quand j’ai ouvert mon porte-monnaie pour régler mes achats à la caisse, l’argent est-il tombé du ciel ? Certes non, j’ai eu un emploi pour gagner un salaire qui m’a permis d’acheter ce dont j’avais besoin. Où est le miracle ?

Quand j’ai trouvé un travail pour gagner ma vie, un employeur est-il tombé du ciel ? Certes non, j’ai dû chercher, écrire, me présenter et une entreprise a décidé de m’engager. Où est le miracle ?

 

Et pourtant… toutes ces choses sont autant de bienfaits, de bénédictions et de privilèges que nous recevons pour la plupart « sans que nous ayons eu à attendre un miracle ». C’est par des actes, des choix, des attitudes de la vie quotidienne que nous pouvons être, acquérir et faire fructifier ce que nous sommes et ce que nous possédons.

 

Pour l’incroyant, c’est dû à un système géré dans un univers cosmique où tout se met en place prodigieusement bien ou mal, au hasard des choses et du temps et… c’est la vie…

 

Pour les croyants, c’est tout simplement un effet de la bonté de Dieu pour les êtres humains créés par Lui et cela durera tant que durera la terre, sans que personne ne s’en soucie ou n’en prenne réellement conscience et… c’est la vie…

 

Ce que la Bible en dit, c’est que nous – toutes ses créatures humaines, croyantes ou non – nous sommes responsables de compter ces bienfaits, de les considérer comme des cadeaux et d’en être reconnaissants en « redonnant à Dieu ce qui lui revient, c’est-à-dire notre merci ». Ce faisant, nous plaisons à Dieu en le glorifiant et en attestant que nous avons compris que TOUT nous vient de Lui, de la salade qu’il fait pousser grâce à la pluie sur laquelle nous n’avons aucun contrôle… jusqu’à l’argent que nous pouvons gagner par notre labeur, grâce au bon sens, à l’intelligence et aux capacités reçues de Lui et qu’Il nous a permis de faire fructifier.

 

En accomplissant cet ordre des Ecritures (rendre grâce à Dieu), nous lui obéissons, nous réjouissons son cœur et nous pouvons compter sur sa fidélité et sa bonté qui se renouvellent chaque matin pour ceux qui se confient en Lui… 

 

Il en va de même pour la maladie – et la guérison divine.

 

Parfois Dieu guérit instantanément et même si nous ne le voyons pas tous les jours sous nos yeux, sur cette planète où règne la terreur, l’angoisse, la maladie et la mort, il se passe tous les jours des signes et des prodiges de la part de Dieu qui se manifestent puissamment sous formes de miracles, d’interventions étonnantes et miraculeuses : des cancers disparaissent en un clin d’œil et toutes sortes d’infirmités sont instantanément guéries. Et j'ai eu le privilège d'en voir de mes propres yeux.

 

Mais… parfois aussi Dieu agit comme pour notre pain quotidien, de façon naturelle, de façon ordinaire, de façon progressive en nous mettant au bénéfice de soins hospitaliers, de traitements efficaces, d’interventions chirurgicales dignes d’artistes dans la réparation de nos corps malades, etc…

 

Alors que faire lorsque l’un de nos proches ou nous-mêmes sommes confrontés à une maladie, au chômage, à la souffrance ?

Prier et attendre que la guérison tombe du ciel sans rien faire parce que nous croyons en un Dieu de miracles ?

Cela peut être un choix très personnel que nul ne pourra contester.

 

Mais il est également juste d’agir comme pour notre nourriture – sans laquelle nous ne pourrions vivre bien longtemps – ou comme nous le faisons pour nos besoins matériels :

-          User de bon sens

-          Utiliser les instruments qui nous sont offerts

 

Où est le miracle alors, me demanderez-vous ?

Le miracle sera la part de Dieu qui interviendra là où les limites humaines sont atteintes, là où nos mains deviennent impuissantes.

 

C’est pour cela que nous prions pour ceux entre les mains desquels nos malades sont confiés.

C’est pour cela que nous remercions Dieu pour les équipes médicales, les traitements, l’instrumentation, la technique et les progrès effectués grâce à ceux qui ont travaillé à la recherche de soins, d’antidouleurs etc…

C’est pour cela que nous réclamons une bénédiction particulière sur les traitements proposés et interventions chirurgicales. Car là où Dieu est invité – Il vient et Il assiste ceux qui travaillent pour notre bien, cela ne fait aucun doute.

 

Tout comme Il envoie la pluie pour faire pousser nos salades, le soleil pour faire rougir nos tomates, Il se plaît à bénir nos employeurs, à inspirer nos médecins et à faire fructifier tous les efforts des humains pour leur propre bien !

 

Et ça, n’est-ce pas un miracle ? A mon humble avis, oui ! Alors ne cessons de croire en ce Dieu de miracle, sans pour autant devenir une icône décalée pour nos contemporains, dont l’auréole finirait par blesser les yeux de ceux qui nous regardent vivre, au lieu d’attiser la foi de ceux qui ne le connaissent pas encore.

 

Cessons de vouloir être forcément à contre-courant parce que croyants. Utilisons le bon sens que Dieu a déposé dans chaque être humain et que la Bible ne renie pas.

 

Si on m’annonce ce soir que j’ai un cancer, bien sûr que je vais être bouleversée.  Je ne suis pas une marionnette sans émotion ni angoisse. Oui, je suis croyante mais tout autant humaine, faite d’os et de chaire comme ceux qui n’ont aucune espérance. Bien sûr que je vais penser au pire, entrevoir le jour de ma mort prématurée et surtout craindre de souffrir. Bien sûr que je vais régler mes affaires, préparer mon départ et peut-être même organiser le jour de mes obsèques. Et pourtant, j’aurais proclamé ma vie durant que Dieu est Souverain, qu’Il est le Dieu de l’impossible et que je compte sur Lui seul…

Mais, Lui seul… comment se manifeste-t-il ?

Surnaturellement parfois, certes, Il a bien nourri un homme dans le désert par des corbeaux… Il peut le faire aujourd’hui… mais s’Il a eu besoin de corbeaux pour Elie… Il a encore besoin d’instruments, tels que des hommes et des femmes, du personnel hospitalier et de nos amis, de l’église, des croyants, de vous et de moi auprès de ceux qui passent par la maladie… avec notre bon sens !

 

Dans le désert, Dieu aurait pu donner des forces surnaturelles à Elie sans le nourrir… mais cette histoire nous rappelle que nous avons été façonnés avec des lois naturelles et physiques qui nous imposent d’être bien nourris pour aller de l’avant, à être bien soignés pour retrouver la santé, à être équilibrés et sains d’esprit pour grandir dans sa connaissance.

 

Alors n’attendons pas seulement du surnaturel de la part de Dieu et recevons les choses naturelles qu’Il met à notre disposition pour notre bien, tant matériellement, physiquement, émotionnellement que spirituellement.

Ouvrons nos yeux pour voir et contempler toutes les merveilles qui sont devant nous, tout ce dont nous bénéficions quotidiennement et rendons grâces à Dieu pour toutes ces choses qui sont autant de manifestations de son amour !

 

 

19 août 2013 – Martine 


13/11/2015
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Carnet de voyages

Voyager est le chemin par lequel nous revenons plus sûrement à la maison...

Je ne sais plus qui a dit ça... peut-être que c'est moi (?)...


Sortie à Genève 051.JPG

 

 

 

de Genève, ma ville natale

 

Genève visite virtuelle

 

 d’où je viens...

 


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à l'Afrique,

mon continent d'adoption...

 

en passant par le Tchad

pour finir au Burkina Faso

 

 Ma découverte

 

 

 

 

Petit-Bourg15.JPG

  

de l'Afrique à la Guadeloupe, Il n'y a qu'un pas...

Belle Île de mon chéri,

 

Pour vous mettre dans l’ambiance

 

 


 

 

 

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 le Québec,

Pourquoi ce pays ?

 

Wikipedia vous présente le Québec

 

 

 

 

 

 

Mieugy printemps 2012 2.JPG

 

 

 

sans oublier mon tout petit village de notre belle France, 

lieu de résidence pour mes vieux jours,

  

vue d'avion

 

 

MieugySuis MieugyReste

 

 

 

 

Je vous emmènerai là où mon coeur restera attaché pour toujours.

 

Les voyages forment la jeunesse et.... déterminent la vieillesse !

 

 

 

 

 


20/09/2015
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Chemin de guérison intérieure et physique

L'année 2014

aura été un temps particulièrement chamboulé

par toutes sortes d'émotions qui auraient pu me terrasser encore plus que jamais...

 

Une année commencée dans une extrême fatigue, je fis un drôle de rêve que voici...

 

Je rêve rarement ou tout du moins je m'en souviens de façon très floue, incapable de les décrire.

Ce matin de février, je me suis réveillée avec une image très nette de ce que j'avais "vu"... en rêve… songe… vision ? Je l'ignore, mais je vous le livre tel qu'écrit dans l'heure qui suivit mon réveil...

 

Je me trouvais dans un fauteuil roulant, poussée par une personne dévouée, qui m’installait dans une sorte de salle publique, proche d’un banc. Tandis que je la remerciais de m’avoir accompagnée jusque-là, elle me fit cette remarque : « et comment auriez-vous fait si je vous avais laissée à l’entrée, ne me remerciez pas, c’est normal… ». C’est alors que je réalisai que j’étais totalement dépendante de la bonne volonté d’autrui et qu’effectivement j’étais incapable même de mouvoir mon fauteuil.

Puis je me vis à la place de cette personne, poussant ce même fauteuil, comme quelque chose de tout naturel…

Et comme sortant de ce rêve, s’ensuivit dans mon sommeil une sorte de dialogue sur la dépendance envers autrui, et envers Dieu et sur ce rôle qui peut s’inverser, parfois poussés, parfois poussant… : « quand on ne peut plus faire ce qu’on a l’habitude de faire, il faut laisser faire celui qui peut mieux que nous. Et même si jusque-là il m’était plus agréable d’être dans le rôle du « poussant », je dois apprendre à vivre de plus en plus dépendante de Dieu (et des autres qu’il placera sur ma route)… et cesser d’essayer de me débrouiller par moi-même si je ne veux pas rester « à l’entrée » sans arriver plus loin

Puis, je vis un carrefour avec un grand feu au vert et une voix intérieure très ferme : le feu est vert pour toi, même si tu ne peux plus avancer par toi-même, la route est toujours ouverte : vas-y !

Et je me suis totalement réveillée avec ce gros feu vert très visible toujours devant mes yeux et cette interprétation immédiate, tandis que je fis un gros effort pour me lever :

En effet, je suis limitée, je n’arrive plus par moi-même, je suis instable, peu fiable mais la vie ne s’arrête pas là, le feu est vert, je choisis de poursuivre la route avec les forces qui me sont données au fur et à mesure et si quelqu’un doit pousser mon fauteuil, je veux apprendre à l’accepter. Et s’il m’est donné encore un peu de force pour aider quelqu’un d’autre, je le ferai avec la force que Dieu me donnera.

Ce rêve ou ce songe accompagné d’une sorte de vision, m’habite depuis mon réveil de ce mercredi matin 26 février 2014… que vais-je en faire ? Comment l’intégrer à ma réalité quotidienne ? Où l’appliquer dans ma relation avec Dieu et avec les autres de qui je dépends de plus en plus ? Faut-il la partager avec ceux qui traversent des saisons de vie douloureuses ?

Pour l’heure je le dépose ici, sur cet écran et je garde dans mon cœur cette notion d’avancer même quand je pense que tout devrait s’arrêter aux limites de ma fatigue présente… et je garde cette invitation « le feu est vert, avance… »… si quelqu’un doit pousser mon fauteuil je l’accepte et si parfois je dois pousser le fauteuil de quelqu’un de plus faible, le feu reste vert pour chacun jusqu’au jour où Dieu décidera du terminus…

Martine,

Vendredi 28 février 2014

 

Je ne le savais pas, mais ce fut le début d'un nouveau chemin vers une étape supplémentaire de ma guérison.

 

Ce rêve m'a en quelque sorte "ouvert l'esprit" à recevoir quelque chose d'inattendu.

 

Peu de temps après ce rêve, un triste événement est venu bousculer notre agenda, alors que nous étions tranquillement installés dans une vie calme et reposante, le petit frère d'Henry est décédé et nous avons décidé de monter à Paris pour rejoindre sa sœur qui avait à faire face à ce drame.

 

Alors que j'étais épuisée, au matin du départ sur Paris j'ai souhaité prendre le volant (je ne conduisais plus depuis 4 mois) et j'ai roulé jusqu'aux portes de Paris sans aucune fatigue.

 

Les 15 jours qui ont suivi ont été riches en toutes sortes d'émotions qui a rassemblé une grande partie de la famille de mon mari en vivant en communauté dans l'appartement de ma belle-soeur qui nous recevait. En temps normal cette situation aurait débouché sur un épuisement total. Et pourtant, nous sommes rentrés à la maison et mon état de santé était resté stable et agréablement normal, sans douleurs, sans fatigue.

 

C'est dans ce contexte que j'ai assisté à deux cultes successifs et entendu deux messages qui sont venus me rejoindre dans ce chemin de guérison.

 

En voici le contenu tel qu'écrit sur le moment :

 

« Lazare sors ! »

 

Suite à la prédication de ce dimanche 13 avril 2014 par Thierry Bourgeois sur le thème de la résurrection de Lazare, j’ai à cœur de partager ce que j’ai vécu de profondément bénissant pour tout mon être tant intérieur que physique.

 

Pour ceux que ça intéresse, et surtout qui veulent comprendre le sens de ce partage, en voici le lien :

https://www.dropbox.com/s/bwtn2bm22qsohmz/140413_C_tb.MP3?dl=0

 

 

Ce message s’est transformé en une invitation personnelle, comme venant directement de Jésus et c’est une grâce particulière que d’avoir pu la recevoir "en plein vol"  et répondre ainsi à son appel : sortir du tombeau dans le sens que depuis plusieurs mois je ressentais que petit à petit j'étais entrée dans un "statuquo mortifère" (je ne sais pas si le mot est juste mais je n’en trouve pas d'autre).

 

Je vivais dans une sorte de retranchement en raison de ma « petite forme physique » et peu à peu ma vie s'amenuisait comme si je n'avais plus rien à en attendre, me laissant "mourir à petit feu" et même si au moindre "déclic" j'en sortais volontiers, mes forces semblaient m'abandonner et s'écoulaient comme le ruissellement lors d'une fuite d'eau - ce qui est bien contraire au fleuve d'eau vive promis par La Parole !

 

A la fin de son message, Thierry a invité tous ceux qui se sentaient « retenus » comme Lazare, avec une pierre à rouler pour leur permettre de sortir ou enveloppés de bandelettes paralysantes, de se lever. Il a précisé  que nous n’aurions pas à nous avancer devant mais il a « mandaté » chaque chrétien se trouvant autour d’une personne debout, à se regrouper à 2 ou 3 autour d’elle pour prier.

 

Si vous désirez comprendre ce qui m’a fait lever « bien droite sur mes deux pieds avec détermination », il vous faudra écouter ce message qui a été parsemé d’invitations diverses animées de l’esprit de résurrection de Jésus pour guérir, restaurer, ranimer et rendre à la vie ce que nous avions laissé mourir.

 

Je n’ai pas tout de suite pu donner « un nom » à la pierre à rouler, ni aux bandelettes qui m’empêchaient de marcher et j’ai simplement demandé à mes deux amies très proches et sœurs dans la foi, qui ont prié avec moi en leur demandant de rouler la pierre pour moi – parce que j’ai compris l’importance de la participation des « amis de Lazare » qui avaient été interpelés par Jésus pour aller rouler la pierre dans un premier temps et pour le débarrasser de ses bandelettes une fois que Lazare a répondu à l’appel de Jésus :

 

Et c'est après ce temps de prière que j'ai reçu la conviction que cette pierre était mon acceptation/résignation de la maladie et oui une grosse pierre d'incrédulité qui bloquait la sortie de mon état tant intérieur que physique.

 

Et comme Thierry l’avait si bien décrit, tout comme Lazare, je ne sais pas du tout comment j'ai pu me lever et faire les premiers pas, mais avec le soutien de l'église j'ai pu le faire, par la foi en cette Parole de Vie que son serviteur nous a transmise.

 

La douceur avec laquelle ce message a dépeint ce Jésus tellement plein de bonté, de grâce, d'attention, d'empathie envers les humains que nous sommes, m'a particulièrement rejointe. J'en ai toujours été persuadée "pour les autres", mais il a fallu que je le ressaisisse pour moi ce dimanche matin.

 

Aujourd'hui, même si des bandelettes (petites douleurs) demeurent : je veux rester dans cette attitude : debout par la foi, laissant derrière moi le tombeau dans lequel je m’enfermais peu à peu. Quant aux bandelettes restantes, elles vont tomber les unes après les autres grâce au soutien du corps de Christ qui est là, qui prie et qui "se débarrasse mutuellement" de ce qui le maintient dans la servitude de la maladie ou de toutes autres choses qui veut le paralyser.

 

J'ai sur le cœur toute une dimension de "quelque chose" de nouveau ! Un peu difficile à nommer, mais de la nécessité d'apprendre à compter les uns sur les autres, comme nous le faisons dans le fait "de nous porter dans la prière"... et peut-être une attitude de plus à y ajouter :

- ouvrir nos yeux et voir (discerner) ce que nous pouvons débloquer sur le cheminement de nos frères et sœurs - de manière interdépendante, en roulant des pierres, en enlevant des bandelettes et en saisissant - tous ensemble et d'un même cœur cette invitation "à vivre" et à sortir du tombeau, de tout ce qui voudrait nous empêcher de nous lever...

 

Et la gloire de Dieu va ainsi se manifester au milieu de ses enfants à travers le monde, dans notre pays, à Genève et parmi nous. Que nous devenions des chrétiens matures, non plus à la recherche du sensationnel ou du sermon qui va bouleverser nos vies, mais des enfants de Dieu qui ne vont plus rester « en attente » de voir arriver une puissance particulière extérieure, ni compter sur le ministère distinctif d’un homme ou d’une femme en particulier, mais des chrétiens qui vont s’attendre à ce que « ce Jésus » rempli de compassion et d’amour pour ses amis, veut mandater chaque chrétien auprès de « son prochain » pour intercéder, porter, proclamer et être un instrument de bénédiction, de guérison, de restauration, de maturité et de croissance les uns pour les autres ! Amen !

 

Mercredi 16 avril 2014/Martine

 

 

… Bartimée se leva et il jeta son manteau…

Marc 10 : 46 à 32

 

En voici le lien :

https://www.dropbox.com/s/y88lrw4u27fqhsl/140427_C_tb.MP3?oref=e&n=6029283

 

 

 

Ce dimanche matin 27 avril, Thierry nous a invités à faire comme Bartimée, nous lever et jeter le manteau que nous portons, répondre à Jésus et lui dire « ce que nous voulons qu’Il fasse pour nous ».

Tandis que Thierry citait quelques « types de manteaux » qui nous identifient ou nous pèsent, j’ai déposé devant le Seigneur plusieurs choses dont je souhaite me débarrasser, dans mes attitudes, comportements ou traits de caractères qui peuvent m’empêcher de m’approcher de lui pour recevoir ce « qu’Il voudrait faire pour moi »… et je crois que tous ces manteaux à jeter sont justes et font partie de mon cheminement avec Dieu et pour ma relation avec mes proches. M’en débarrasser ainsi au fur et à mesure qu’ils me sont révélés me permet de croître et être toujours plus proche de Lui pour que rien ne vienne interférer dans ma relation intime avec mon Seigneur.

Mais un « petit plus » a résonné dans mon cœur, « un nom, un identifiant » de ce manteau s’est clairement imposé à mon esprit et sur place, tandis que l’église priait, j’ai confessé que j’avais peur de le proclamer, car peur de me tromper et de me retrouver couverte de ce manteau dans les jours qui suivraient.

Or, depuis le dimanche 13 avril où j’ai merveilleusement vécu cette « sortie du tombeau de Lazare », je dois confesser que la maladie a reculé et je dirais même presque totalement disparu. Peu à peu, les bandelettes de douleurs tombent et disparaissent, à l’exception de quelques « douleurs-éclairs », je vais vraiment bien. Ce sera donc pour moi la 2ème expérience de guérison immédiate, un rappel de ce que j’ai vécu en 2008 à la suite de quoi j’avais proclamé ma guérison à 80% !

Ne serait-il pas venu pour moi le temps de déclarer que je ne suis plus fibromyalgique ?

Ai-je le droit de jeter au loin ce manteau « fibromyalgie » comme Bartimée a jeté son manteau « cécité » avant même que Jésus ne l’aie guéri ? Il l’a fait totalement par la foi sans avoir encore rien ressenti, ni rien vu du tout, mais seulement entendu que Jésus l’appelait.

Dimanche matin, j’ai entendu cette invitation de jeter ce manteau qui m’identifie, comme quelqu’un qui « garde le statut de la maladie ». Comme si je jugeais ce 80% de guérison insuffisante pour oser me déclarer guérie et bénéficier du statut « d’ex-fibromyalgique »…

Que faire donc de la crainte qui me tenaille – d’avoir de nouveau mal – et d’avoir fait une fausse déclaration ou donné un contre-témoignage ?

Je médite et sonde mon cœur pour connaître les raisons de cette crainte (…)

Est-ce que Bartimée s’est posé la question de savoir ce qu’il ferait sans son manteau – sans son identité d’aveugle, si Jésus ne l’avait pas exaucé ? Sa foi était tellement totale et consciente de la grandeur de la puissance de ce « Jésus – Fils de David » qu’aucun doute n’était permis pour lui…

Et moi qui ai déjà goûté à la puissance de Jésus, qui ai tant de fois expérimenté sa grâce et son attouchement dans tellement de domaines de ma vie, moi qui ai vu tellement de miracles… je laisserais le doute prendre le dessus ?

Ce matin j’écoutais le Pst Gaétan qui nous rappelait le prix payé sur la Croix et l’assurance que Jésus était et est véritablement le Fils de Dieu, qu’Il est Dieu… le doute m’est-il permis quant à mon salut acquis au prix si cher payé ? Non. Aucunement !

Alors pourquoi ce doute, cette crainte persistante de déclarer par la foi – en jetant publiquement le manteau de la fibromyalgie – avant même d’avoir expérimenté la totalité de ma guérison ? Suis-je donc si peu consciente de la grandeur de la bonté et de la compassion de Jésus pour vouloir garder ce manteau par seule crainte de me ridiculiser « si jamais » des douleurs revenaient ?

J’ai un acte de foi à poser publiquement, je le sais et j’en appelle à la prière de mes porteurs et de mes amis qui m’ont accompagnée toutes ces années, pour me débarrasser des dernières bandelettes pour que je puisse marcher en nouveauté de vie, débarrassée de ce « revêtement » et du statut de malade !

Merci pour vos prières !

28 avril 2014/martine

 

 

Les mois ont passé depuis... nous sommes en octobre 2015 et je peux confirmer qu'envers et contre toutes les situations familiales et surcharges qui se sont succédées depuis le mois de mai 2014 à cet été, les douleurs caractéristiques de la fibromyalgie sont terminées.

 

Suis-je guérie ? Je l'ignore, dans le sens que médicalement il est très difficile de confirmer un diagnostic de fibromyalgique et que cela prend plusieurs mois/années. Sa guérison doit être aussi difficile à confirmer pour une médecin honnête.

Mais je peux affirmer que même si je ne suis pas en parfaite santé, je ne souffre plus de CE mal précisément...

J'ai 66 ans et je n'échappe pas aux petits bobos des "tamalous" ... mes problèmes dans ma "boîte crânienne" ne sont pas terminés, mes yeux, ma vue ne sont pas en bon état et il m'arrive encre d'avoir des GROS coups de fatigue, contre laquelle j'ai eu à me battre si souvent et m'a valu d'écrire cet article : La fatigue

 

Je veux être honnête... et je veux aussi honorer Dieu qui a été fidèle et m'a libérée de ces horribles douleurs.

Je lui fais confiance pour la suite.

 

Une chose est certaine : quelque soit ma santé, bonne, mauvaise ou imparfaite, fatiguée ou en pleine forme, JAMAIS ne conditionnera mon attachement à La Parole de Dieu et la certitude que TOUT vient de Lui : la guérison aussi bien que la capacité d'endurer une épreuve, de garder courage, une véritable force intérieure et LA joie de vivre, TOUT vient de LUI !

Ma foi, ma confiance et ma reconnaissance, ne se limiteront jamais à mon corps malade ou fatigué, vieillissant physiquement mais restauré intérieurement par Sa Présence et son Amour.

Un texte biblique me tient particulièrement à coeur, face à la maladie de tous ceux qui souffrent comme face à mes propres faiblesses, je vous invite à lire tout le chapitre 4 de la 2ème lettre aux Corinthiens, dont voici un extrait :

 

2 Corinthiens 4:16

Voilà pourquoi nous ne perdons pas courage. Et même si notre être extérieur se détruit, notre être intérieur se renouvelle de jour en jour.

 

Octobre 2015/martine


09/04/2016
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Conte d'automne

La petite feuille qui ne voulait pas mourir

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Prologue

 

Ecrites il y a une dizaine d'années, "ressorties du cœur de mes souvenirs d’enfant", ces lignes se voudraient être :

 

-          un conte pour petits et grands

-          une allégorie nous présentant la nature et son enseignement dont on peut se délecter et s’inspirer

-         un tableau de la beauté d’une saison au sujet de laquelle nous passons d’une humeur grise au sourire de la chaleur de ses couleurs si pleines de vie…

 

Au vu des textes de ce blog, celui-ci risque fort de décevoir le lecteur qui espère y trouver un "message spirituel".

Je m'en excuse d'avance...

Soyez juste avertis que ces lignes émanent de mon esprit  "resté enfantin et romanesque", mais j'avais envie de le partager avec vous en ces magnifiques journées automnales, telles que nous les vivons actuellement en Europe.

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Tandis que j'avançais dans la brume matinale, mes yeux se fixèrent sur une petite feuille qui tournoyait sans fin, emportée par la brise de ce matin d'automne. Il ne faisait pas encore très froid mais l'air était frais et tonique. Le soleil tendait à percer un brouillard léger qui nous rappelait que l'été était bel et bien terminé et que l'automne déversait sur la nature sa palette de couleurs chaudes et généreuses.

         Couleurs d'automne… où allez-vous donc chercher tant d'éclats, de beauté et de vie ? Quel est donc votre force pour parvenir à nous faire aimer la fin de l'été et nous jeter à corps perdus vers l'inévitable hiver ? Quel est ce paradoxe qui vous anime, pour que vous sachiez si bien exprimer la fin de tout ce qui nous paraît être le meilleur, à nous êtres humains qui ne vivons si souvent que pour le bonheur des longues journées d'été, la chaleur du soleil (dont on se plaint pourtant dès qu'il brûle notre peau) mais que nous recherchons à tout prix pour plonger dans une atmosphère de détente, de laisser-aller, et synonyme de vacances...

         Couleurs d'automne… comment parvenez-vous donc à détourner notre attention de la mort du beau temps en dessinant si habilement l'histoire d'une fin et l'image de la mort de la nature que vos teintes enrobent de gaieté, de lumière et de joie de vivre ?

         Couleurs d'automne… quelle est donc cette main qui étend son pinceau d'est en ouest, du nord au sud pour nous enivrer de cette unique beauté dont le printemps même ne saurait offrir à nos yeux fatigués à l'issue de trop longs hivers ?

       Couleurs d'automne… quel est donc votre secret ? Qui donc vous a dicté chaque place à occuper, tantôt dorée, tantôt cuivrée, allant jusqu'à imiter la rouille qui, au lieu d'évoquer usure et prochaine cassure, donne à croire à un jour meilleur, étale sous nos yeux une harmonie sans fin renouvelée... justement quand tout ne sera plus que nudité, froid, sécheresse et… mort ?

 

         Qu'y a-t-il de plus beau ? Quelle saison exprime-t-elle mieux la vie, sinon l'automne ? Elle qui devrait annoncer la mort...  L'automne, messagère de la fin de l'été, éclatante de mille feux, rayonnante d'une beauté que seule la nature peut offrir à nos regards émerveillés…

 

L'automne...

 

         Tandis que, plongée dans mes pensées face à cet automne merveilleux, une petite feuille vint se poser sur la pointe de mes pieds. Si je n'y avais pris garde, je l'aurais certes piétinée.. Me baissant pour la regarder, je n'osais point y toucher.

"Pauvre petite feuille" pensais-je, "ta saison est terminée, tu es morte..."

         Je m'enhardis et la pris entre le pouce et l'index de ma main droite. J'avais peur de la voir s'effriter, et l'arracher de sa tige qui semblait encore solide. Oui, sa tige vivait encore. Si j'avais osé plonger mon ongle dans son corps, j'en aurais trouvé la sève restante. Je la fis alors tournoyer doucement entre mes doigts et j'en admirais son contour délicatement dentelé sur...

C’est alors que je me souvins qu'enfant, je m'amusais à déchiqueter les parties sèches entre les nervures... mais pour cela il fallait que la feuille soit totalement morte… et, celle-ci semblait vivre encore. Je souris, honteuse à l'idée d'avoir été si cruelle et d'avoir ainsi déchiqueté quelques feuilles mortes qui peut-être vivaient leurs dernières heures de beauté et de gloire. Oui, de gloire, car qu'y a-t-il de plus beau, de plus glorieux qu'un arbre aux branchages verdoyants nous faisant bénéficier de son ombre et de son chant ?

         Certes, l'enfance est parfois cruelle et tend à briser ce qui est faible entre ses mains. Mains d'enfants, mains d'hommes, mains de cette humanité où le faible est forcément écrasé par le plus fort. Et quand on se sent faible, ne s'attaque-t-on pas justement à ce qui est encore plus fragile que soi ?... A l’image de cette petite feuille, presque morte entre mes doigts...

         Je me surpris à lui parler. Doucement, comme pour ne pas la réveiller. Elle semble s’être assoupie mais épanouie. Elle a terminé sa course, pourquoi l'a-t-elle achevé sur la pointe de mes pieds ? Et plus je la contemplais, plus je m'y attachais.

C'est alors qu'elle se mit à parler... pour me raconter sa merveilleuse histoire.

         Je suis la petite feuille qui ne voulait pas mourir, me dit-elle. Je vais te raconter mon histoire pour que tu la fasses connaître à ceux qui regardent mourir toutes les petites feuilles des arbres sur la terre et tu leur diras de nous laisser nous envoler et mourir doucement, tout doucement, comme nous sommes nées, doucement, discrètement par un beau matin de printemps.

         Il y a de longs mois, m'expliqua-t-elle, je me suis réveillée sur la plus belle branche du plus bel arbre de la prairie. Regarde, s'exclama-t-elle toute fière, c'est celui qui agite ses branches là-bas, c'est le plus gros, le plus beau et le plus fort. Comme toutes mes soeurs, je sortis de mon joli berceau, le bourgeon. Nous étions nombreuses et heureuses de faire connaissance après ces longs mois enfermées. Nous avions hâte de connaître la vie et de découvrir tout ce qui se passait dans la prairie.

         Dès la fin de l'hiver, l'arbre avait beau nous expliquer qu'il fallait patienter et que nous étions bien au chaud et à l'abri dans nos bourgeons, nous ne tenions plus en place. D'ailleurs, et sa voix devint toute triste, certaines d'entre nous sont tombées de leur branche et n'ont pas même eu le temps de connaître la vie. Nous ne savions pas que dehors il faisait parfois si froid ou que le vent soufflait si fort qu'il valait mieux laisser passer l'hiver et attendre les dernières gelées avant d'éclore, puis laisser tomber le doux manteau dont nos bourgeons nous recouvraient.

         Les branches nous répétaient que l'hiver était fait pour dormir et se préparer pour être les plus belles à l'heure du printemps. Mais nous ignorions ce qu'était l'hiver. Quand un flocon de neige se glissait à l'intérieur de nos bourgeons, nous éclations de rire car il était tout frais et délicieux. Parfois, nous entendions le vent siffler et nous aurions voulu le voir passer sur notre arbre. Alors notre arbre nous expliquait avec patience qu'il fallait nous taire et dormir. Que le vent était encore bien trop froid et que nous ne pourrions pas le voir. Le vent, nous disait-il, il souffle, passe et poursuit sa route sans que vous puissiez le voir. Le vent, vous le sentirez bien assez tôt, quand vous serez grandes et assez fortes pour y résister. En attendant, restez tranquilles, accrochez-vous au fond de vos berceaux et dormez...

         Dormir, dormir, me dit-elle dans un soupir, je ne savais pas comme il était bon de pouvoir ainsi dormir à l'abri et sans soucis.

         Elle se tut un instant. J'ai cru qu'elle avait terminé son histoire, et quand j'allai lui parler elle s'envola et se posa sur mes lèvres en me disant sur un ton bien autoritaire pour une petite feuille sur le point de mourir : tais-toi, c'est moi qui parle ! Je souris et la laissai retomber dans le creux de ma main. Je m'assis au bord du chemin pour l'écouter attentivement et lui promis de ne plus l'interrompre.

         Dès le début du printemps, c'était la fête. Nous regardions tout ce qui se passait et nous transmettions les informations à celles qui ne pouvaient pas apercevoir la prairie. Moi, j'étais bien installée. Ma branche n'était ni trop haute, ni trop basse. Je pouvais ainsi observer librement tout ce que je voulais sans vertige et sans risquer d'être cueillie par les passants. Comme elle me vit esquisser un sourire elle me dit sur un ton de reproche : vous avez de drôles de manies vous les humains. Qu'est-ce qui vous amuse tant à venir nous arracher pour ensuite nous piétiner ou nous laisser tomber ? Tandis que j'allais essayer de lui donner une explication, elle me coupa la parole, non, ne réponds pas, laisse tomber, de toute façon cela ne changerait rien, c'est vous les maîtres, vous faites ce que vous voulez. J'allai m'en défendre et lui dire que non, les hommes ne savent pas toujours ce qu'ils font, et ne sont pas les maîtres de la nature, mais elle refusa toute explication et m'intima de me taire... Maîtres ou pas, vous faites quand même ce que vous voulez, laisse-moi te raconter mon histoire, elle ne fait que commencer.

         Donc, le printemps s'est écoulé dans une féerie merveilleuse. Bien sûr, il y avait parfois des cris et des larmes, car toutes mes soeurs n'ont pas survécu. Beaucoup d'entre elles sont mortes très jeunes. Je les vois encore se détacher de leur tige, tournoyer en criant avant de se retrouver sur l'herbe. Nous les regardions, leur parlions et tentions de les rassurer aussi longtemps qu'elles survivaient, là quelques mètres en dessous de nous. Mais détachées de l'arbre, elles n'avaient aucune chance de survivre et mouraient lentement. Alors, dès que le vent soufflait, nous chantions de tout notre coeur et ainsi, elle s'endormaient bercées par nos chants.

         Et puis, il y avait les branches coupées par les hommes ou cassées par les tempêtes. C'était alors des familles entières qui disparaissaient de notre arbre et nous quittaient. Elle soupira une fois encore et poursuivit comme essoufflée : …mais la vie continue et il y a tellement de choses à voir du haut de nos branches que bien vite nous reprenions goût à la découverte. Si tu pouvais savoir tout ce qui se passait sous notre arbre. Car l'ombre vous est donnée grâce à nous les milliers de petites feuilles et des quantités de tes semblables viennent s'y reposer. Certains restent assis, adossés contre le tronc. Ils ferment les yeux et viennent oublier leurs soucis. D'autres nous parlent et nous racontent leurs joies ou leurs peines. Parfois l'arbre grogne car ils s'amusent à en égratigner l'écorce... oh, cela ne lui fait pas grand mal, mais d'année en année, si cela continue dit-il, il va se retrouver nu comme un vers...  D'autres s'étendent, et nous regardent. Ils ne savent pas qu'on les épie et que l'on suit tous leurs mouvements. Seuls, à deux ou à plusieurs, ils sont nombreux à venir à l'ombre que nous leur offrons. Quand il pleut, nous les protégeons de la pluie... mais après la pluie, si le vent se lève, nous nous ébattons en laissant tomber les gouttes d'eau restées accrochées sur nos belles robes vertes et nous éclatons de rire en les voyant partir en courant...

         Il y a aussi abondance de vie dans nos branches. Animaux, oiseaux, insectes, tous se délectent du refuge que nous leur offrons. Ils nous font parfois du mal. Certains d'entre eux nous piquent de leurs becs, ou se nourrissent de notre écorce et de nos feuilles... mais c'est la loi de la nature nous a expliqué l'arbre et nous devons les laisser faire. Nous sommes bien contents de leur servir d'abri contre le mauvais temps ou contre les animaux qui voudraient les dévorer.

         Sur ma branche, à deux feuilles de ma place, chaque année, des mésanges viennent nicher. Quel bonheur de les entendre piailler. Quand leurs parents tardent à venir les nourrir, quel concert ! Il m'est arrivé de leur demander de se taire, mais ces petits affamés n'ont même pas daigné m'écouter! Quel plaisir de les voir s'envoler pour la première fois. Cela ne prend pas beaucoup de temps. Si tu as le malheur de t'assoupir en plein jour quand ils sont prêts, ils ne sont plus là quand tu te réveilles et tu auras manqué le spectacle. Mais si tu es attentif et patiente, c'est un spectacle merveilleux de les voir s'envoler de leur nid.

         Les oiseaux, quelles merveilleuses créatures... ils sont libres, eux, et n'ont pas besoin de revenir sur notre arbre. Plus tard, les jeunes iront faire leurs propres nids... ailleurs... Ah que j’aurais aimé être un oiseau, m'envoler et me promener à travers la prairie sans avoir à en mourir aussitôt! Qu'est-ce que j'en aurais appris en une année... et je pourrais te raconter bien plus de choses que tu ne connais sûrement pas... mais je ne suis qu'une petite feuille et une fois détachée de ma branche, c'est la mort qui m'attend !

         Elle se tut. Je ne savais pas si j'osais reprendre la parole. Brusquement je me sentis tellement triste pensant qu'elle était peut-être vraiment morte, mais tandis que je cherchais quelques mots de réconfort, elle reprit :

         Après le printemps arrive l'été. Alors là, quelle chaleur, même nous qui offrons la fraîcheur de l'ombre, nous transpirons ! Mais nous devenons plus solide et nous craignons beaucoup moins le vent. Pourtant les orages peuvent être très violents et tout au long de l'été  certaines de nos amies s'envolent bien que belles vertes et vigoureuses. Tiens, l'été passé, nous avons subit une grêle terrible. Les petites boules de glace semblaient avoir une aiguille qui nous transperçait sans pitié. Un grand nombre d'entre nous ont terminé l'été complètement déchiquetées, leurs robes étaient en lambeaux. Elles n'ont pu terminer la saison avec nous et c'est souvent grâce à elles que nous avons survécu, protégées par l'une d'entre elles, située juste au-dessus de nos têtes! Quelle chance nous avons eue ! Mais notre arbre nous rappelle souvent que nous n'avons pas à être fières d'être restées intactes et il nous explique comment nous nous protégeons mutuellement des agressions extérieures... Si tu savais le nombre d'embûches qu'il faut traverser pour terminer la saison et arriver à l'automne !

         Et puis, quand mon automne est arrivé, ma robe est devenue étincelante de beauté. Jour après jour, mes compagnes et moi étions figées d'admiration de nous voir ainsi embellies et vêtues de mille feux. Les unes dorées à souhait, les autres rousses ou cuivrées, aux premiers rayons de soleil de ces matins qui devaient être les derniers de notre vie, nous étions tellement excitées à l'idée de voir notre métamorphose que nous en oublions les réalités de notre mort prochaine. Mais un matin, le soleil ne parvint plus à percer la brume automnale qui nous surprenait dès le réveil. L'après-midi s'annonçait aussi froid que la nuit et quelques unes de mes soeurs accrochées sur ma branche s'envolèrent.

         Au début nous étions presque envieuses de les voir entreprendre un si beau voyage. Leurs cris partagés entre la peur et l'émerveillement étaient empreints d'un paradoxe qui créait en nous tantôt l'envie de nous détacher du lien qui nous retenait si fermement et grâce auquel nous avions pu braver les vents impétueux de l'été, tantôt l'angoisse nous saisissait de quitter l'arbre dont nous étions naturellement attachées pour y vivre les trois saisons qui prenaient fin dans ce tourbillon d'or, d'ocre et de bronze  venant s'échouer sur l'herbe verte pour la tapisser de mille feux!

         C'est alors que j'ai décidé de ne pas me laisser emporter! Je me suis accrochée de toutes mes forces à ma branche. Parfois j'étais complètement découragée et je me demandais si j'allais tenir jusqu'au bout de l'automne pour connaître l'hiver. Il était devenu impossible de dormir avec les cris de mes amies détachées qui m'étourdissaient. Les unes sachant que l'heure était venue gémissaient, les autres commentaient les plaintes et les récits de celles qui tournoyaient sans fin autour de nous en essayant de raconter ce qu'elles avaient vécu durant les heures de voltige au-dessus de la prairie, de leurs atterrissages forcés aux pieds des promeneurs, de leurs vols interminables au-dessus des routes; balayées par les automobiles, blessées, meurtries, déchirées, elles criaient, pleuraient, ou même riaient toutes en même temps! Nous étions là, incapables de comprendre de quoi elles parlaient,  rendues insensibles à leurs douleurs, paralysées par nos peurs indescriptibles. Mais je voulais rester là, accrochée et déterminée à connaître l'hiver, le passer pour le raconter à mes compagnes qui naîtront au printemps prochain.

         L'arbre avait beau m'expliquer que c'était peine perdue, je voulais voir à quoi ressemblait Monsieur l'Hiver. Et puis, un matin, tout redevint calme ; je me réveillais doucement. J'étais toute engourdie et je ne savais pas ce qui m'arrivait. Inquiète j'interrogeais l'arbre. Il avait l'air fatigué et d'un ton très las, il me répondit que l'hiver avait commencé et que nos forces allaient diminuer chaque jour. Le froid nous paralyse et nous n'arriverons plus à parler, ni chanter, ni même gémir! Je fus horrifiée et lui demandais ce que je devais faire... il sourit avec indulgence mais plein de tristesse il me dit : "ne t'ai-je pas dit cent fois qu'il ne fallait pas résister à l'automne et qu'il valait mieux t'abandonner quand ton heure était venue ?... Eh bien c'était pour t'éviter cette souffrance. Il est très rare que des feuilles voient l'hiver arriver et encore moins le traverser pour revivre un printemps. Chaque fois que cela arrive, c'est comme un miracle, mais c'est au prix d'une grande souffrance pour la feuille qui continue à vivre en hiver. Tu n'auras plus de compagne autour de toi, tu ne seras plus protégée ni encouragée par la voix de tes voisines. Et moi, je  vais bientôt m'endormir pour me reposer et récupérer mes forces afin qu'au printemps ma sève puisse remonter dans les branches et nourrir de nouveaux bourgeons. Je ne peux plus rien pour toi et je ne pourrai bientôt plus te parler. Tu auras froid. Tu auras peur. Tu seras seule. Ta robe sa sécher. Tu vas vieillir, flétrir et tu perdras ta beauté. Déjà, t'es-tu regardée ? Tu ressembles à du papier séché, juste bonne pour allumer un feu. Tu connaîtras peut-être l'hiver et peut-être le raconteras-tu à tes petites soeurs de l'année prochaine. Alors tu leur diras de ne pas résister, que le prix n'en vaut pas la chandelle... tu verras petite feuille orgueilleuse, tu découvriras que la force n'est pas toujours dans l'entêtement de vouloir vivre à n'importe quel prix et que la mort peut être belle et douce quand elle arrive en son temps.... Salut petite feuille, bon hiver et si tu y parviens, au revoir et au printemps prochain."

         Puis il s'endormit. Je me sentis très seule. Je me penchais pour regarder si d'autres feuilles étaient restées accrochées comme moi, mais je faillis me casser, car déjà la froid bloquait tous mes mouvements. J'eus juste le temps d'apercevoir une ou deux soeurs aussi entêtées que moi, leurs robes étaient si sombres que je ne les reconnaissais même pas. Elles étaient trop loin pour que l'on puisse se parler et s'encourager...

         Alors je fermai les yeux et tentai de dormir un peu. La nuit fut encore plus glaciale, et la neige commençait à tomber. Au début j'étais toute contente car enfin je n'étais plus seule. Les premiers flocons riaient. Certains fondaient car j'étais encore trop chaude... et ils mourraient devant moi sans avoir le temps de me dire bonjour... J'étais triste et de grosses larmes coulaient de mes nervures pour accompagner les petits flocons fondus... Puis, le froid augmenta et enfin, j'étais toute recouverte d'un manteau tout blanc. Comme je devais être jolie, mais je ne pouvais pas me voir et personne ne pouvait me dire à quoi je ressemblais. L'arbre était définitivement silencieux. Au début, j'eus peur de me casser à cause du poids de mon manteau. Et peu à peu je me suis habituée et j'eus moins froid. Il faisait bon sous cet abri de fortune et je recommençais à espérer.

         Un matin, il y eut un beau soleil, j'étais toute contente, et quelques flocons fondirent très vite, je pus alors admirer ma jupe toute blanche, comme j'étais jolie. Mais le soleil poursuivit son travail et toute la neige disparut... puis le soleil me réchauffa, c'était bien agréable... mais le soir étant revenu, j'eus très froid et j'avais perdu le toit que les flocons avaient fabriqué pour me protéger... il y eut plusieurs jours ainsi et j'ai dû attendre jusqu'au nouvel'an pour recevoir un nouveau manteau de neige. Celui-ci est resté plus longtemps et des enfants sont revenus jouer dans la prairie. Ils riaient, se bousculaient, ils semblaient bien s'amuser, mais je ne pouvais pas les voir, l'épais manteau résistait au soleil mais je ne m'en suis pas plainte car je me sentais bien à l'abri, j'essayais de dormir.

         Ainsi l'hiver s'écoula, tantôt doux, tantôt glacial. Les plus beaux jours furent ceux où les flocons m'accompagnaient. On parlait un peu et ils m'expliquaient qu'ils n'étaient que de passage et que leur vie était généralement très courte, car s'ils résistaient trop longtemps à la chaleur que l'arbre parvenait quand même à donner, toutes les branches auraient été cassées sous leur poids. Je riais en me moquant d'eux : vous êtes si légers, vous ne pourriez jamais casser des branches aussi solides que mon arbre... Ah je rigolais bien fort. Mais les flocons m'ont expliqué longuement comment l'un d'entre eux, puis deux, puis trois, dix, cent, mille et des millions parvenaient à faire un poids terriblement lourd qu'aucun arbre n'aurait pu supporter... vois-tu, même le monde des petits flocons de neige aussi éphémère est merveilleusement bien organisé...

         Elle se tut et frissonna un instant à l'évocation du froid de l'hiver passé. Alors je m'enhardis pour lui demander : "eh bien alors, tu as survécu à Monsieur Hiver et tu es encore là... tu as donc plus d'un an... tu es bien vieille" lui dis-je en riant gentiment... Tu peux bien rire, me répondit-elle, et c'est vrai, je suis la plus vieille des feuilles de cette année, j'ai même pu vivre mon second automne. Avant de me laisser détacher, j'ai pu encourager mes jeunes compagnes à se laisser emporter par la douceur de la bise automnale en leur expliquant qu'il y a certainement d'autres choses à découvrir, que je n'ai pas pu connaître en restant sur mon arbre... et puis, je me sens très fatiguée et je ne pense pas arriver à aller beaucoup plus loin pour découvrir l'autre bout de ma prairie... j'aurais bien voulu, mais je n'en ai plus la force, je suis trop flétrie. Mais je t'ai rencontrée et je suis contente d'avoir pu bavarder avec un être humain et lui expliquer comment nous les feuilles, nous sommes aussi des êtres vivants et j'ai passé un bon moment avec toi.

         Maintenant, me dit-elle, il faut me laisser toute seule un moment, peut-être que le vent va me pousser un peu plus loin pour que je découvre ma destinée jusqu'au bout. S'il te plaît, ne me retiens pas. Je vais peut-être me faire piétiner ou déchirer par un enfant, mais qu'importe, quand cela sera mon heure, je ne chercherai plus à m'accrocher à la vie, je ne saurais endurer un second hiver. Laisse-moi partir un peu plus loin ou mourir ici...

         Et elle se tut tout en s'éloignant doucement poussée par un courant d'air qui n'était même pas dû le vent. Une voiture avait passé à toute vitesse sur le chemin qui longeait la prairie. Je la regardai partir, me levai et m'arrêtai à ses côtés : "adieu petite feuille, merci pour ta leçon et n'aie crainte de te faire écraser, je veille sur toi"…

         Je la suivis ainsi aussi longtemps que je le pus, mais une rafale de vent l'emporta de l'autre côté de la route, d'un seul bond elle tournoya, s'arrêta un instant sur le pare-brise d'un camion, puis atterrit sur le trottoir où des passants risquaient de l'écraser. Je fus stupéfaite car je n'avais pas tenu ma promesse de la protéger d'une fin brutale. Je traversai la route aussi vite que je pus et sur le trottoir, une centaine de feuilles étaient ballottées d'un bord à l'autre. Certaines allaient s'écraser contre le grillage du parc, d'autres étaient retenues sur un tas d'ordures et je ne savais plus où était ma petite amie... Je m'arrêtai, restai silencieuse et m'enhardis au risque d'être prise pour une folle... « où es-tu petite feuille qui ne voulait pas mourir ?... Fais-moi un signe »...   c'est alors que je la vis... elle était un peu plus loin; elle tourbillonna et semblait danser rien que pour moi et dans un dernier souffle me dit : "je suis là, regarde, je suis arrivée au bout de ma course, maintenant tu peux me prendre, et me garder si tu le veux. Tu peux aussi me déposer dans ma prairie, sous mon arbre où je servirai de tapis pour mes soeurs qui viendront me rejoindre.

         En souvenir de notre rencontre, me dit-elle encore, chaque fois que tu verras l'une de mes soeurs, souviens-toi, ne les arrache pas, laisse-les vivre sur leurs branches afin qu'elles poursuivent leur destinée... " et dans un tout dernier souffle, elle me dit "adieu"...

         Je me suis baissée et la pris précautionneusement. Effectivement, il s'en serait fallut de peu pour qu'elle ne soit réduite en poussière. Plus aucune vie ne se manifestait. Elle était sèche mais elle sentait bon. Sa course était terminée. Je l'emportai et allai la déposer sous son arbre. J'en admirai le tronc et regardai les branches. Je déposai ma petite amie toute flétrie parmi les autres feuilles mortes. Je ne savais plus où poser mes pieds, j'en écrasais tant !

 

         Sur ce magnifique tapis de chaudes couleurs cuivrées, le cirque infini de la vie se poursuivit avec les millions de feuilles qui se détachaient en cette belle journée d'automne. Durant un instant, je crus entendre leurs éclats de rires émerveillés devant leurs fins glorieuses, vêtues des plus beaux atours dont le Créateur les avait revêtues en ce jour où leur mission s’achevait !

 

chemin d'automne.jpg

 

 


30/10/2015
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